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Liban - 14 Mars

La majorité s’insurge et demande des explications

Les récentes déclarations du chef du Parti socialiste progressiste (PSP) Walid Joumblatt ont causé bien des remous au sein de la classe politique locale hier.
Depuis Dimane où il s'est réuni avec le patriarche maronite le cardinal Nasrallah Sfeir, le député Ahmad Fatfat a relevé que « la réponse du Futur est claire ». La révolution du Cèdre « va se poursuivre, et l'intérêt national prime les intérêts partisans », a-t-il aussi ajouté. « La révolution du Cèdre n'est la propriété d'aucun parti, elle appartient au peuple libanais. Les fondements de cette révolution, à savoir la liberté, la souveraineté et l'indépendance, restent vivaces », a-t-il également relevé.
Le député Marwan Hamadé n'a pas tardé à se manifester en veillant à apporter une précision aux propos de M. Joumblatt. Pour lui, il est évident que le chef du PSP a tendance à affirmer son « indépendance vis-à-vis du 14 Mars ». « Ce qui se passe est justement une interprétation de cette indépendance du parti, et ne peut être interprété comme une pulvérisation de la majorité que préside le Premier ministre désigné Saad Hariri », a déclaré M. Hamadé à la chaîne de télévision privée LBCI.
Pour le secrétaire général de l'alliance du 14 Mars Farès Souhaid, « il y a de toute évidence une divergence entre le 14 Mars et M. Joumblatt. Cette divergence est claire, nette et sans équivoque. Nous ne nions nullement le rôle de premier plan joué par M. Joumblatt au sein du 14 Mars ». « Mais notre lecture de l'étape à venir diffère totalement de celle du chef du PSP. Il est dans une position politique complètement différente de la nôtre. Pour ce qui est du 14 Mars, nous affirmons que nous poursuivrons notre combat et que nous ne nous départirons pas de nos idéaux et de nos principes. Quant à la place de M. Joumblatt, elle reste réservée, il peut la reprendre à n'importe quel moment », a ainsi déclaré hier M. Souhaid au quotidien an-Nahar.
Moins virulents, les propos de l'ancienne députée Nayla Moawad ont été axés sur la nécessité de « se réunir avec Walid Joumblatt pour lui demander des explications et comprendre s'il envisage réellement de s'éloigner du 14 Mars ». « Cela fait un moment déjà que nous ressentons un certain trouble » du côté de Moukhtara, « depuis le 7 mai, notamment dans la Montagne ». « La position affichée hier, et à laquelle nous n'adhérons pas, est à mettre dans le contexte de ce trouble, et nous ne dirons pas plus que cela avant de l'avoir rencontré », a déclaré Mme Moawad après s'être réunie avec le chef du parti Kataëb, Amine Gemayel. L'ancien député Samir Frangié a lui aussi demandé des explications au chef du PSP : « Il faut que M. Joumblatt nous explique ce qu'il veut. S'il a des remarques à faire sur quelque chose, il n'a qu'à le dire et il pourra alors discuter avec ses alliés. »

Andraos, Kanaan et Hachem
Pour le député Antoine Andraos, les propos de M. Joumblatt n'auront pas des conséquences importantes « sur la majorité et sur la formation du gouvernement ». M. Andraos a dit qu'il doutait que « Nabih Berry soit sur le point de rencontrer M. Joumblatt à mi-chemin de la majorité et de la minorité parce que, comme tout le monde le sait, M. Berry est, depuis un moment déjà, otage du Hezbollah et du régime syrien. Il n'est pas maître de ses décisions, alors que le député Walid Joumblatt prend ses décisions loin des pressions internes et externes ».
Sur le perron de Aïn el-Tiné, et en marge d'une réunion qu'il a eue avec Nabih Berry, l'ancien député Ibrahim Kanaan a insisté sur l'importance des propos prononcés par le chef du PSP, affirmant que « cette déclaration ne peut pas être prise à la légère car elle constitue au minimum une remise en question partielle et l'esquisse d'une nouvelle feuille de route (...) Nous devons attendre, mais l'espoir est grand de voir ces problèmes se résoudre sans influer négativement sur la naissance du nouveau gouvernement ». Le député du mouvement Amal, Kassem Hachem, a pour sa part affirmé que « les déclarations de M. Joumblatt constituent le principe, et ses anciennes prises de position sont l'exception ». « Les récents propos du chef du PSP sont une étape fondamentale et un point de départ qui permet de sortir le Liban des vives divisions dans lesquelles il est empêtré. Ils permettent de sortir des discours enflammés et empreints de tension qui ont, tout au long des années précédentes, dominé au niveau national. Ce que M. Joumblatt a affirmé est un retour aux fondamentaux et aux principes historiques de son parti (...) Les quatre années précédentes sont l'exception à cette tradition. »

Joumblatt répond
« N'ai-je pas le droit de rappeler l'histoire du parti et de tenter de la raviver ? » s'est interrogé le chef du PSP dans les colonnes du quotidien as-Safir, rappelant que ses propos ont été prononcés à l'occasion d'une cérémonie partisane. « Le fait de citer les principales étapes reluisantes de l'histoire du parti, depuis l'opposition au Pacte de Bagdad jusqu'au Tribunal spécial pour le Liban, en passant par de nombreuses prises de position par lesquelles nous nous sommes distingués, est-il de nature à rendre notre passé honteux ? » « Cette logique est bizarre, je ne la comprends pas », a-t-il poursuivi, et, s'adressant au Courant du futur, il s'est demandé si le communiqué que ce parti avait publié constituait en fait « une réponse aux remarques que j'ai faites sur le slogan "Liban d'abord" ». Au quotidien al-Akhbar, il a d'autre part rappelé « la très grande divergence entre les constantes de son parti et celles de partis comme les Forces libanaises ou les Kataëb. Nous nous sommes retrouvés à cause de l'assassinat de Rafic Hariri », a-t-il clairement indiqué.
Depuis Dimane où il s'est réuni avec le patriarche maronite le cardinal Nasrallah Sfeir, le député Ahmad Fatfat a relevé que « la réponse du Futur est claire ». La révolution du Cèdre « va se poursuivre, et l'intérêt national prime les intérêts partisans », a-t-il aussi ajouté. « La révolution du Cèdre n'est la propriété d'aucun parti, elle appartient au peuple libanais. Les fondements de cette révolution, à savoir la liberté, la souveraineté et l'indépendance, restent vivaces », a-t-il également relevé.Le député Marwan Hamadé n'a pas tardé à se manifester en veillant...
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