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Iran : les Occidentaux de nouveau accusés d'être derrière les manifestations

L'Iran a accusé vendredi les pays occidentaux d'être "complices de crimes" lors des manifestations ayant suivi la réélection contestée du président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, à la veille du jugement d'une trentaine de personnes pour leur participation aux "émeutes".

"Les pays occidentaux et européens, avec leurs moyens clandestins ou publics, se sont ingérés dans l'élection iranienne (...) le pire parmi eux étant la Grande-Bretagne", a indiqué le ministre des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki, cité par le site de la télévision d'Etat.

"Les pays qui se sont immiscés (dans l'élection), à travers leurs télévisions, en expliquant comment provoquer les émeutes, comment fabriquer des explosifs et pousser à d'autres actes en créant de la tension sont les complices de tous les crimes et meurtres commis, et en sont responsables", a-t-il ajouté.

Téhéran accuse régulièrement les pays occidentaux, en premier lieu la Grande-Bretagne, d'avoir une responsabilité dans les manifestations contre le résultat de l'élection présidentielle du 12 juin.

Depuis sa réélection, le président Ahmadinejad est aux prises avec l'opposition qui réclame une nouvelle élection mais aussi avec son propre camp qui lui reproche une série de décisions politiques, à commencer par la nomination comme premier vice-président d'Esfandiar Rahim Mashaie, un de ses proches.

Les conservateurs ne pardonnent pas à M. Rahim Mashaie d'avoir déclaré en 2008 que l'Iran était "l'ami du peuple israélien". Ils avaient aussi critiqué le retard pris par M. Ahmadinejad pour appliquer l'ordre du Guide suprême Ali Khamenei de le démettre. Sa nomination, ensuite, comme chef de cabinet du président, a provoqué de nouvelles protestations dans le camp conservateur.

Vendredi, Mahmoud Ahmadinejad a démenti toute tension avec le Guide assurant qu'il entretenait avec lui des relations d'"amour et de confiance".

"Au cours des derniers jours, certains ont tenté naïvement de présenter les relations entre le gouvernement et le cher Guide de la révolution comme ternies (...) afin de faire croire à un désaccord entre le gouvernement et le Guide", a indiqué M. Ahmadinejad cité par l'agence de presse Mehr.

Samedi, une trentaine d'"émeutiers" seront jugés devant un tribunal révolutionnaire pour atteinte à la sécurité nationale, selon l'agence de presse Isna.

Ces personnes "ont participé aux émeutes et sont accusées d'avoir agi contre la sécurité nationale, perturbé l'ordre public et commis des actes de vandalisme", a précisé Isna.

Jusqu'à 2.000 personnes avaient été arrêtées lors des manifestations post-électorales, la plus grave contestation populaire dans le pays depuis la révolution islamique de 1979.

Plus de 250 personnes sont toujours détenues, dont 50 personnalités politiques, selon les autorités.

Mais cinquante nouvelles arrestations ont été opérées jeudi dans la capitale, a rapporté l'agence Isna.

"Hier, 50 personnes qui brûlaient et vandalisaient des biens et jetaient des pierres (dans le cimetière de) Beheshte Zahra et dans d'autres endroits de Téhéran ont été arrêtées", a déclaré vendredi le chef de la police de Téhéran, Azizollah Rajabzadeh, cité par Isna.

Les forces de l'ordre ont employé la force jeudi pour disperser des milliers de partisans de l'opposition rassemblés pour rendre hommage aux manifestants tués.

L'une des personnes arrêtées jeudi, le réalisateur iranien Jafar Panahi, a été relâché peu après, selon le chef de la police de Téhéran.

Pour le haut dignitaire religieux le grand ayatollah Nasser Makarem Shirazi, un retour au calme est tributaire de la libération des détenus.

"Ceux qui n'ont pas commis de faute ou n'ont pas offensé les lois islamiques doivent être libérés", a indiqué ce conservateur, cité par l'agence Mehr.

L'Iran a accusé vendredi les pays occidentaux d'être "complices de crimes" lors des manifestations ayant suivi la réélection contestée du président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, à la veille du jugement d'une trentaine de personnes pour leur participation aux "émeutes".
"Les pays occidentaux et européens, avec leurs moyens clandestins ou publics, se sont ingérés dans l'élection iranienne (...) le pire parmi eux étant la Grande-Bretagne", a indiqué le ministre des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki, cité par le site de la télévision d'Etat.
"Les pays qui se sont immiscés (dans l'élection), à travers leurs télévisions, en expliquant comment provoquer les...