Au Nigeria, la secte des « Taliban », qui est apparue dans le nord du pays en janvier 2004, se réclame des talibans d'Afghanistan. Ils ont établi leur base dans le village de Kanamma (État de Yobe), à la frontière avec le Niger. Des heurts ont éclaté dimanche matin entre les forces de l'ordre et des membres de la secte qui s'apprêtaient à mener une attaque contre un poste de police dans les environs de Bauchi, capitale de l'État éponyme, selon la police. Leur objectif était d'y voler des armes et des munitions, selon un porte-parole de la police.
Le gouverneur de l'État de Bauchi a décrété un couvre-feu dans la capitale de 21h00 à 06h00 du matin. Depuis, des cas de violences dans d'autres États du nord-est du Nigeria ont été rapportés. Selon M. Onovo, les talibans se heurtent désormais à la police à Maiduguri, capitale de l'État de Borno, également dans le nord-est.
Composée essentiellement d'étudiants ayant abandonné leurs études, la secte « Taliban » comptait lors de sa création environ 200 jeunes musulmans extrémistes, dont des femmes. À l'instar de l'ancien régime taliban en Afghanistan, le mouvement veut instaurer un État « islamique pur » dans le nord du pays. Depuis 2004, des heurts entre membres de la secte et forces de l'ordre ont éclaté de manière sporadique dans différents États du nord du Nigeria, mais le bilan des violences depuis dimanche est le plus lourd que la secte ait enregistré à ce jour.

