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Liban - Citoyen Grognon

Indélicats générateurs !

Minuit. Dans les quartiers résidentiels, les rues se vident. Les lumières s'éteignent. Les citoyens se couchent. Ils se préparent à sombrer dans un sommeil réparateur. Tout est calme. Mais pas pour longtemps. Car voilà que le courant se coupe, comme presque tous les soirs. Que les générateurs de quartiers démarrent, simultanément.
Des générateurs par dizaines, depuis les gros calibres installés dans des terrains vagues entre les immeubles jusqu'aux petits engins placés sur les balcons des appartements. Il y a ceux qui ronflent, ceux qui vrombissent, ceux qui crachotent, ceux qui pétaradent, ceux qui hurlent. Il y a ceux qui distribuent le courant à toute une rue, à tout un quartier. Il y a ceux destinés à l'usage personnel d'un seul immeuble, ou ceux qui permettent tout juste d'allumer quelques lampes.
Le vacarme assourdissant des moteurs emplit l'atmosphère. Des émanations d'essence et de mazout se propagent dans l'air. Bruits et odeurs s'invitent dans les appartements, dans les chambres à coucher. Car ici ou là, les habitants ont ouvert les vitres. L'ampérage distribué n'est pas toujours suffisant pour faire fonctionner les climatiseurs. Les prix ont tellement grimpé, dernièrement.
Les citoyens n'arrivent pas à trouver le sommeil. Tout vibre tellement autour d'eux, alors qu'ils n'aspirent qu'au calme. Ils sont las. Fatigués de supporter, nuit après nuit, le boucan et la pollution des générateurs. Épuisés de passer des heures à se retourner tous les soirs dans leur lit avant de pouvoir s'endormir. Dégoûtés de subir les désagréments de cette solution provisoire qui s'éternise depuis plus de trente ans.
S'il leur prenait l'envie, aux habitants, de présenter une plainte auprès des autorités, notamment aux municipalités, ils seraient gentiment, mais fermement éconduits. « Non seulement les taxes payées aux municipalités par les propriétaires des générateurs de quartiers sont de loin supérieures aux taxes que les habitants paient, mais comme par hasard, les propriétaires de ces générateurs sont souvent proches de responsables influents », lance une femme excédée par le vacarme produit par deux énormes générateurs, à quelques mètres à peine de sa chambre à coucher. « Tant pis pour nos oreilles, nos nerfs et nos poumons ! Ils ne font pas le poids face à la puissance de l'argent », finit-elle par dire, découragée.
Jusqu'à quand la santé physique et mentale des habitants restera-t-elle le dernier des soucis des responsables ?
Dans cet état des lieux, le citoyen ne peut s'empêcher de se demander, aussi, s'il faudra encore trente autres années pour que ces responsables trouvent une solution durable et définitive au problème de l'électricité au Liban. Encore faudrait-il qu'ils en aient la volonté !
Minuit. Dans les quartiers résidentiels, les rues se vident. Les lumières s'éteignent. Les citoyens se couchent. Ils se préparent à sombrer dans un sommeil réparateur. Tout est calme. Mais pas pour longtemps. Car voilà que le courant se coupe, comme presque tous les soirs. Que les générateurs de quartiers démarrent, simultanément.Des générateurs par dizaines, depuis les gros calibres installés dans des terrains vagues entre les immeubles jusqu'aux petits engins placés sur les balcons des appartements. Il y a ceux qui ronflent, ceux qui vrombissent, ceux qui crachotent, ceux qui pétaradent, ceux qui hurlent. Il y a ceux qui distribuent le courant à toute une rue, à tout un quartier. Il y a ceux destinés...
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