Une cinquantaine de caméras et de gros objectifs l'attendaient en début d'après-midi pour sa première conférence de presse sous l'égide de la Fédération internationale de l'automobile (FIA). Ses premières déclarations se sont faites sous les clics incessants des appareils photo.
« J'espère que tous les jeudis ne se passeront pas comme cela », a souri Alguersuari, qui bien que d'apparence détendue, a reconnu avoir vécu une journée « stressante ». « Mais je vais m'habituer », a-t-il promis
L'Espagnol, qui a répondu jeudi à des dizaines de questions, n'a toutefois jamais paniqué. Même s'il a parfois été la cible de critiques, non pas pour ce qu'il est, mais en raison de ce qu'il représente.
Né le 23 mars 1990 à Barcelone (Espagne), Alguersuari a été appelé lundi chez Toro Rosso pour remplacer le Français Sébastien Bourdais, en manque de résultats. Le Catalan courait cette saison en formule Renault, une discipline dans laquelle se forgent les jeunes pilotes.
Sa première course de F1, il la disputera donc demain à Budapest, à l'âge de 19 ans et 125 jours. Soit environ deux mois de moins que le pilote néo-zélandais Mike Thackwell, jusqu'alors le plus précoce dans la discipline, lorsqu'il avait débuté en 1980.
Mais si son âge intrigue, ou fascine, un autre critère dérange le paddock : Alguersuari, membre de la filière Red Bull, qui soutient les espoirs des sports mécaniques, est totalement inexpérimenté en formule 1, qu'il n'a jamais appréhendée de manière professionnelle.
Auto-école
« Je n'ai jamais été un grand fan de la F1 vue comme une auto-école, ce qu'elle a l'air d'être devenue ces derniers temps », a ironisé Mark Webber (Red Bull), qui a dû attendre ses 32 ans et son 133e Grand Prix, le 12 juillet en Allemagne, pour décrocher sa première victoire.
« Quand vous arrivez en F1, vous devriez être prêt. Ce n'est pas un endroit où apprendre », a-t-il poursuivi, se souvenant qu'« il y a quelques années, l'un des pilotes était à 8 secondes derrière les autres, ce qui était totalement ridicule ». Mais « Jaime ne sera pas comme ça », a rassuré l'Australien.
Tout débutant qu'il est, l'Espagnol sera en outre confronté aux mêmes règles que ses aînés. Il devra attendre le vendredi précédant les Grands Prix pour découvrir les pistes. Depuis cette année, afin de limiter les coûts de la F1, les écuries ne peuvent effectuer d'essais privés.
« Je ne peux en faire aucun. Donc je n'ai aucun type de pression. Je n'ai rien à perdre, mais tout à gagner. Ce que je peux faire, c'est conduire, en profiter. Gagner ou faire des podiums, on en parlera plus tard », a observé Alguersuari.
« Une course de deux heures, c'est nouveau pour moi. Ma victoire serait de terminer la course. C'est un objectif que je ne m'étais jusqu'alors jamais fixé. J'ai toujours voulu gagner les courses. Mais là, je suis dans une situation un peu difficile », a-t-il reconnu.
Rien de tout cela n'est apparu dans les propos de son nouveau patron, l'Autrichien Franz Tost. Jaime Alguersuari, du haut de ses 19 ans, a « assez d'expérience pour faire du bon travail », a tranché Tost.
« Il sera éduqué chez Toro Rosso. Et ensuite, il ira chez Red Bull, c'est l'objectif. » Alguersuari, ou un destin très strictement encadré.

