Lors de la prière hebdomadaire du vendredi, un important religieux conservateur iranien avait appelé M. Ahmadinejad à renvoyer M. Esfandiar Rahim Mashaie, affirmant que tel était le souhait du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei. « Nous soutenons le président (...) mais nous n'avons jamais dit qu'il était infaillible », a affirmé Ahmad Khatami, membre de l'Assemblée des experts et proche de l'ayatollah Ali Khamenei. « Nous aurions souhaité que (l'affaire) n'aille pas aussi loin, au point que le leader ait à se prononcer », a-t-il ajouté dans son sermon retransmis en direct par la radio d'État. « Nous vous avons demandé consciencieusement (dans un premier temps) de revenir sur la nomination du premier vice-président », a-t-il souligné. « Maintenant que le leader a exprimé son opinion, il n'y a plus lieu d'hésiter », a ajouté Ahmad Khatami.
Pendant son sermon, Ahmad Khatami a également dénoncé des complots visant à affaiblir le guide suprême de la révolution islamique. « Nous sommes au fait de réunions privées offensantes. Nous sommes au fait de complots contre le guide, mais vous devez savoir que vous ne pourrez pas tenir tête au peuple, a déclaré Ahmad Khatami. Notre peuple défendra son guide jusqu'à la dernière goutte de son sang. »
La plus haute instance d'arbitrage politique qui agit également comme organe de conseil du guide, le Conseil de discernement, a de son côté appelé hier le président Ahmadinejad à ne pas semer la discorde au sein de son administration, en persistant dans cette nomination. « Nous appelons M. Ahmadinejad (...) à éviter d'utiliser des individus (...) qui peuvent entamer l'unité du gouvernement », a déclaré cet organe dirigé par l'ancien président Akbar Hachémi Rafsandjani, selon le site Internet de la télévision d'État.
Par ailleurs, un groupe d'étudiants a manifesté vendredi à Téhéran. « Obéissez aux dirigeants ! » ont scandé les manifestants, appelant le président Ahmadinejad à « renvoyer Mashaie », selon l'agence ISNA.
La nomination de M. Rahim Mashaie, annoncée le 17 juillet, a créé un tollé général chez les conservateurs qui lui reprochent d'avoir affirmé en juillet 2008 que l'Iran était « l'ami du peuple américain et du peuple israélien », contrastant ainsi avec les attaques verbales de Téhéran contre Israël. Malgré les critiques de son propre camp, M. Ahmadinejad a apporté un soutien sans faille à son premier vice-président, en affirmant qu'il avait « mille raisons » d'avoir de l'affection pour lui. « L'une des plus grandes faveurs que m'a accordées Dieu est d'avoir connu Mashaie, ce grand homme », a-t-il ajouté.


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