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Liban - Le Commentaire

Les prosyriens redoutent l’attachement de Baabda aux constantes nationales

Les prosyriens ne veulent même plus s'en tenir à l'accord de Doha. Ils réclament le tiers plus un, ou encore mieux, comme le fait le général Aoun, la proportionnelle. Ils ne veulent plus que le président Michel Sleiman, que Doha a gratifié de trois ministres, dont deux se sont vu attribuer les portefeuilles-clés de l'Intérieur et de la Défense, dispose d'une assiette ministérielle suffisante pour arbitrer. Car ils craignent, relève un pôle loyaliste, que le chef de l'État ne penche presque toujours en faveur du 14 Mars. Pour la bonne raison qu'ils se rejoignent sur les constantes nationales, la volonté d'un Liban libre, indépendant, souverain, démocratique, cristallisé dans un État de droit fort. En toile de fond, la Syrie n'est pas disposée à prier ses alliés locaux de lâcher du lest. Elle veut se voir garantir qu'il n'y aurait pas, en Conseil des ministres libanais, de décisions sur des questions la concernant, comme le tribunal, ou le Conseil supérieur mixte, sans son aval. Ne pouvant se contenter d'assurances verbales, elle va continuer à soutenir le tiers de blocage ou la proportionnelle. Elle ne fait confiance ni au 14 Mars, ni à Saad Hariri, ni même au président Sleiman, car elle sait qu'il prend des positions inspirées de l'esprit national, de l'intérêt bien compris du Liban, comme de sa conscience.
Bourrer le cabinet libanais d'hommes liges reste une solide tradition pour les Syriens. Dans tout gouvernement du regretté Rafic Hariri, Damas parachutait d'inamovibles fidèles, toujours les mêmes. Ils n'avaient d'autre mission que de contrarier un Premier ministre dont la Syrie se méfiait au plus haut point. Ces lieutenants du tuteur s'évertuaient, en Conseil des ministres, à torpiller les projets qui importaient au chef du gouvernement. Cela, bien entendu, avec le soutien actif du président de la République de l'époque ou, le cas échéant, du président de la Chambre. Pour bétonner le contrôle, les Syriens avaient inventé le système de la troïka : chaque décision nécessitait l'accord des trois présidents et, en cas de litige, c'était Damas qui tranchait. Et quand il s'agissait non pas de questions politiques mais de projets nécessaires au pays, ils décrétaient qu'il fallait tout laisser en plan. Le Conseil des ministres et le Parlement n'avaient plus de rôle, et la Constitution plus d'existence.
Le régime syrien tente de remettre le couvert avec le président Sleiman, car sa confiance ne va qu'à ses alliés du 8 Mars, tout comme il ne se fiait jadis qu'aux ministres et aux députés qu'il faisait nommer et élire. Voulant sonder les intentions du président du Conseil désigné au sujet des postes-clés, Damas l'a invité à lui rendre visite avant, et en vue de, la formation du gouvernement. Mais il a refusé, indiquant qu'il ne visiterait la capitale syrienne qu'après la mise en place du cabinet. En indiquant, de plus, que cette démarche resterait liée à un accord préalable sur l'ordre du jour des questions à discuter. Il souhaite, en effet, que les échanges devant porter, à son avis, sur les résolutions de la table de dialogue nationale libanaise, soient effectivement fructueux. Il ne veut donc pas d'une visite mondaine, sociale ou protocolaire, et encore moins avoir l'air de se rendre en pénitent à Canossa. Saad Hariri suit donc l'exemple du patriarche Sfeir, qui refusait les invitations de Damas à prendre une tasse de café, sans assurance qu'il y aurait un retrait syrien du Liban.
Après la réaction du président du Conseil désigné, il est douteux que Damas mette de l'eau dans son vin. Ses alliés continuent à exiger le tiers de blocage ou la proportionnelle, et à refuser que le président de la République dispose d'un quota ministériel lui permettant d'arbitrer. Cependant, Damas peut encore tenter d'obtenir les garanties qu'il souhaite par le biais du roi d'Arabie saoudite Abdallah, qui a l'oreille du Courant du futur, encore que Saad Hariri martèle que le gouvernement du Liban se forme au Liban seulement.
Les prosyriens ne veulent même plus s'en tenir à l'accord de Doha. Ils réclament le tiers plus un, ou encore mieux, comme le fait le général Aoun, la proportionnelle. Ils ne veulent plus que le président Michel Sleiman, que Doha a gratifié de trois ministres, dont deux se sont vu attribuer les portefeuilles-clés de l'Intérieur et de la Défense, dispose d'une assiette ministérielle suffisante pour arbitrer. Car ils craignent, relève un pôle loyaliste, que le chef de l'État ne penche presque toujours en faveur du 14 Mars. Pour la bonne raison qu'ils se rejoignent sur les constantes nationales, la volonté d'un Liban libre, indépendant, souverain, démocratique, cristallisé dans un État de droit fort. En toile de...
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