Du nouveau cabinet il ne sera donc point question avant un bon moment, même si une source informée prévoit une visite de Saad Hariri au palais de Baabda, « afin de faire le bilan des récentes consultations gouvernementales ». M. Hariri de son côté continue d'observer le mutisme qu'il respecte depuis le début des concertations pendant que, sur le terrain, tous ses efforts se concentrent du côté du Hezbollah, « avec lequel Koraytem est en train de cuisiner a feu très doux le plat gouvernemental », affirme à cet égard une source informée.
La source précitée ajoute que le Bloc de la réforme et du changement serait prêt à accepter « une part » de trois portefeuilles au sein du cabinet en devenir, à l'heure où toutefois des voix discordantes au sein de l'opposition continuent de clamer que le 8 Mars exige « le tiers de garantie », même si Hassan Nasrallah a délibérément voulu omettre d'aborder ce point dans l'allocution diffusée en direct par la télévision al-Manar, ce qui, quelque part, permet de dire que cette demande a été une fois pour toute écartée de la liste des réclamations gouvernementales.
Si le gouvernement n'est pas pour bientôt, il reste que les réunions et autres retrouvailles bilatérales sont bel et bien d'actualité - elles ont d'ailleurs été louées par Hassan Nasrallah, hier. Une rencontre entre Samy Gemayel et Alain Aoun est en préparation, mais souligne la source précitée, la réunion prévue entre Michel Aoun et Walid Joumblatt semble avoir été repoussée à la semaine prochaine. Le président Amine Gemayel a pu, lui, se réunir trois heures durant avec l'ancien ministre Wi'am Wahhab. Certes, et comme l'a souligné M. Nasrallah, toutes ces concertations ponctuelles font le plus grand bien à la paix et à la stabilité interne. Toutefois, elles sont très loin de faire concrètement avancer la formation du gouvernement. Elles ont à maintes reprises prouvé leur inefficacité à long terme, et tout se passe comme si l'objectif implicite était de gagner du temps en attendant que les développements régionaux se précisent. C'est dans ce contexte que le conseiller de George Mitchell (émissaire américain au Moyen-Orient), Fred Hoff, arrive sous peu à Beyrouth pour dresser un bilan des concertations qu'il a eues avec les responsables du régime syrien et dont le thème principal était « la reprise des négociations entre Tel-Aviv et Damas », indiquait hier une source diplomatique à notre chroniqueur diplomatique Khalil Fleyhane. À Beyrouth toutefois, il sera aussi et surtout question de l'inapplication et du non-respect israélien de la résolution onusienne 1701, et du retrait israélien de la partie libanaise du village de Ghajar.

