Deuxième sujet à l'ordre du jour du ministre Saltanov : la conférence de paix pour le P-O qui se tiendra à Moscou, et avant la fin de l'année selon les desiderata russes. Le Liban n'a rien contre une participation à cette conférence, surtout que toutes les autres parties concernées ont donné leur accord de principe, en rappelant qu'en 2007 le Liban était présent à Annapolis I par la personne de son ministre des AE p.i., Tarek Mitri.
Selon des sources diplomatiques accréditées à Beyrouth, l'invitation russe connaît beaucoup d'obstacles, notamment israéliens. Résultat des courses : la date de cette conférence n'est toujours pas fixée, et Washington et Paris, entre autres, ont demandé à Moscou de ne pas pousser à sa tenue avant que les circonstances de sa réussite ne soient assurées. Et parmi ces obstacles, citons le refus de l'État hébreu de mettre un terme à la colonisation (c'était la demande du président US Barack Obama) ; la réconciliation difficile entre l'Autorité palestinienne et le Hamas ; l'absence de volonté israélienne de reprendre les négociations avec la Syrie malgré les appels du pied que celle-ci lance depuis la formation du cabinet Netanyahu, ainsi que la poursuite du blocus contre Gaza.
Ces mêmes sources relèvent une concordance entre les points de vue américain et russe à ce sujet, et surtout en ce qui concerne l'édification de deux États. Les obstacles précités et les moyens de les écarter ont d'ailleurs été évoqués au cours du sommet russo-US qui a réuni le 6 juillet à Moscou les présidents Medvedev et Obama.
La conférence de Moscou a été saluée par l'ensemble des ministres des AE du G8 réunis le 7 juillet à Trieste, en présence de représentants de plusieurs pays arabes, dont le Liban, qui ont été pressés de se concerter avec le quartette.
Signalons qu'après Beyrouth, Aleksander Saltanov se rendra à Damas dans le même but : assouplir les angles et balayer tout ce qui empêchait le sommet de se tenir en Russie, surtout après que la Syrie eut annoncé qu'elle ne participerait à aucune conférence dont les bases ne seraient pas solides. Tout cela parallèlement à la visite en Israël d'un gros ponte du département d'État, Frederick Hoff, chargé de convaincre le gouvernement Netanyahu de reprendre langue avec le régime syrien sur la question du volet syro-israélien.

