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Nos lecteurs ont la parole

Joumblatt, la politique et Hamlet

Par Chawki AZOURI
Cher Walid Joumblatt, vous n'avez pas le droit de vous rendre en Syrie tant que le Tribunal spécial pour le Liban n'aura pas émis son acte d'accusation sur l'assassinat de Rafic Hariri et de tous ceux qui sont morts pour un Liban non assujetti et libre de toute tutelle. Je vous ai plusieurs fois cité comme l'exemple même du héros malgré lui, qui, ayant appris la leçon que Hamlet n'a pas apprise de son père mort, a fini par se rebeller contre le tyran, déposer une rose sur la tombe de son père et lui a dit : « J'ai été lâche pendant 28 ans, maintenant tu peux dormir tranquille » dans ta tombe. Si Hamlet avait écouté son père, l'avait vengé du déshonneur du fratricide, de l'inceste et du vol de la couronne, le royaume du Danemark aurait cessé d'être pourri.
Dieu a soumis Abraham, père de toutes les communautés, au plus terrible des choix : l'amour pour son père, Dieu ou l'amour pour son fils ? Les citoyens du monde doivent la vie au choix d'Abraham car nul ne peut déshonorer son père par souci de sa progéniture.
Si tous les Libanais s'étaient, ensemble, mais un par un, rebellés contre le tyran pour se réunir le 14 mars 2005 sur la place du printemps de Beyrouth, on aurait à jamais rayé de notre dictionnaire national : « Quelque chose est pourri au royaume du Liban. » Je vous ai cité souvent cité comme l'exemple, encore à suivre pour ceux de nos compatriotes qui sont frappés encore par la procrastination, le fait de remettre au lendemain ce qu'ils peuvent faire aujourd'hui. Mais de la procrastination, on ne sort jamais une fois pour toutes. Car si tous les citoyens libanais n'ont pas la maturité psychique individuelle et politique collective pour se rebeller au même moment contre le tyran et honorer la mémoire de leurs pères assassinés, ceux qui se sont déjà rebellés ne peuvent l'avoir fait une fois pour toutes. La liberté ne s'acquiert jamais en une fois car le temps subjectif et collectif va dans le sens de l'oubli de la tyrannie qui reste plus confortable pour l'humain. Il n'est donc jamais trop tard pour se rebeller.
C'est l'universalité de la leçon que nous donne Shakespeare avec Hamlet.
Le cœur a des raisons nobles que la raison politique ne doit pas connaître, cher Walid Joumblatt.
Cher Walid Joumblatt, vous n'avez pas le droit de vous rendre en Syrie tant que le Tribunal spécial pour le Liban n'aura pas émis son acte d'accusation sur l'assassinat de Rafic Hariri et de tous ceux qui sont morts pour un Liban non assujetti et libre de toute tutelle. Je vous ai plusieurs fois cité comme l'exemple même du héros malgré lui, qui, ayant appris la leçon que Hamlet n'a pas apprise de son père mort, a fini par se rebeller contre le tyran, déposer une rose sur la tombe de son père et lui a dit : « J'ai été lâche pendant 28 ans, maintenant tu peux dormir tranquille » dans ta tombe. Si Hamlet avait écouté son père, l'avait vengé du déshonneur du fratricide, de l'inceste et du vol...
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