C'est en cancérologie que les applications sont les plus nombreuses, a indiqué la vice-présidente du Comité biotechnologies des entreprises du médicament (LEEM), Annick Schwebig. Il s'agit en majorité de systèmes de délivrance des médicaments, capables de les transporter jusqu'à leur cible en les protégeant de la dégradation et en évitant une déperdition vers d'autres organes ou cellules. Des outils de la taille de quelques dizaines à quelques centaines de nanomètres (milliardième de mètre), soit 70 fois plus petits qu'un globule rouge, a expliqué Patrick Couvreur, de la faculté de pharmacie de Chatenay-Malabry, Hauts-de-Seine (France).
Les nanovecteurs peuvent transporter le médicament sous la forme de minuscules capsules de divers types. Les nanotechnologies ont aussi des applications dans le domaine du diagnostic (imagerie, puces à ADN...).
Alors que plusieurs organismes publics ont appelé à la prudence vis-à-vis des nanotechnologies, l'industrie pharmaceutique s'est montrée rassurante sur leur utilisation dans le domaine médical.
Les produits issus des nanotechnologies sont soumis aux mêmes règles que les autres médicaments et produits de santé pour leur développement et leur autorisation de mise sur le marché, a souligné Annick Schwebig. Plusieurs centaines de milliers de patients en ont déjà bénéficié, a estimé pour sa part Patrick Couvreur.
Il reste qu'à l'échelle nanométrique, scientifiques et chercheurs « ne connaissent pas tout ». Les peurs existent notamment en ce qui concerne « la toxicité sur la santé humaine et l'écotoxicité ».

