Rechercher
Rechercher

Actualités

Festival d'Avignon : le présent conflictuel du Liban en images

Dans le sillage de "l'artiste associé" Wajdi Mouawad, les créateurs libanais sont très présents cette année au Festival d'Avignon, où ils évoquent la vie conflictuelle de leur pays notamment par l'image, à l'instar des duos Saneh-Mroué et Hadjithomas-Joreige.

Rabih Mroué a eu affaire à la censure pour l'une de ses précédentes créations, "Comme Nancy aurait souhaité que tout ceci ne fût qu'un poisson d'avril" (2007), un spectacle sur un sujet sensible -le rôle de l'artiste dans un pays en guerre- qui a bien failli être interdit au Liban.

La censure est aussi évoquée mais par le biais de la fiction dans "Photo-Romance", à l'affiche du 63e Festival d'Avignon jusqu'au 16 juillet, et incarnée par Mroué lui-même, qui donne son sourcilleux avis sur un film réalisé par un personnage joué par Lina Saneh, sa compagne.

Le spectacle est à deux niveaux. Le premier est celui des échanges mâtinés d'incompréhension mais aussi de drôlerie entre la réalisatrice et son "censeur", qui se jouent en direct comme une pièce de théâtre.

Quand elle ne s'explique par sur son film, la cinéaste le projette à l'écran, alors qu'un musicien "sonorise" la bande en "live". L'action se déroule à Beyrouth en 2006, peu de temps après l'attaque israélienne contre le Hezbollah, et alors que tous les Libanais sont invités à participer à deux grandes manifestations opposées, pro ou anti-syrienne.

Pendant ce temps, dans un quartier de banlieue rendu désert par l'événement, deux personnes se rencontrent. Elles sont incarnées par les deux acteurs-metteurs en scène et portent leurs prénoms (Lina et Rabih), comme pour brouiller les frontières entre réalité et fiction.

Tout les oppose : lui est un homosexuel de gauche déprimé, elle une femme au foyer sans liberté dans une famille religieuse. Va naître entre eux une romance, illustrée par une suite d'images arrêtées dans un noir et blanc sépia. Le tandem Saneh-Mroué s'est manifestement inspiré d'"Une journée particulière" d'Ettore Scola (avec Sophia Loren et Marcello Mastroianni) pour dire les troubles du Liban par le rire, suscité par des scènes d'une naïveté assumée et touchante.

Rabih Mroué était l'acteur principal, au côté de Catherine Deneuve, du long métrage "Je veux voir" (2008), une plongée dans le Liban sud réalisée par Joana Hadjithomas et Khalil Joreige.

Ces deux photographes, cinéastes et vidéastes sont présents à Avignon avec "Tels des oasis dans le désert", une exposition présentée jusqu'au 29 juillet et qui trouve un lieu idéal dans le cadre altéré et désacralisé de l'église des Célestins.

Le duo Hadjithomas-Joreige évoque la mémoire et l'identité incertaines du Liban à travers huit installations entre photo et vidéo. Certaines attirent particulièrement l'attention, telles ces images de "martyrs" dont le visage est comme effacé par l'oubli. Ou encore cette grande photographie de la capitale libanaise faite de 3.000 fragments que les visiteurs sont invités à décoller, donc à vandaliser. Le message est limpide: "Beyrouth n'existe pas".

Rabih Mroué a eu affaire à la censure pour l'une de ses précédentes créations, "Comme Nancy aurait souhaité que tout ceci ne fût qu'un poisson d'avril" (2007), un spectacle sur un sujet sensible -le rôle de l'artiste dans un pays en guerre- qui a bien failli être interdit au Liban.
La censure est aussi évoquée mais par le biais de la fiction dans "Photo-Romance", à l'affiche du 63e Festival d'Avignon jusqu'au 16 juillet, et incarnée par Mroué lui-même, qui donne son sourcilleux avis sur un film réalisé par un personnage joué par Lina Saneh, sa compagne.
Le spectacle est à deux niveaux. Le premier est celui des échanges mâtinés d'incompréhension mais aussi de drôlerie entre la...