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Liban - Citoyen Grognon

Indiscipline

La saison des festivals bat son plein. De grosses pointures de la scène, du show-biz et du spectacle viennent à la rencontre du public libanais, connu pour son accueil chaleureux. Des groupes de moindre importance se produisent aussi, ici ou là, curieux de découvrir le charme des nuits libanaises. Les festivaliers ont, semble-t-il, redoublé d'efforts cette année, pour offrir aux Libanais un de leurs grands crus.
Pris dans l'engrenage de cette ambiance festive, ravi de se sentir en vacances, même s'il bosse le lendemain, le Libanais sillonne le pays pour ne rater aucun des rendez-vous de l'été, traînant avec lui enfants, parents, grands-parents et émigrés.
Pour cela, il avale les kilomètres par centaines, du nord au sud, en bus ou en voitures privées. Bravant les embouteillages et la chaleur, il fait l'effort d'arriver à l'heure au spectacle, parfois même largement avant l'heure, rognant sur les sacro-saints horaires de bureau ou prenant carrément une demi-journée de congé.
C'est avec déception qu'il constate alors l'inutilité de ses efforts, car les spectacles ne commencent jamais à temps, mais avec une bonne heure de retard, dans la majorité des cas. Les prétextes sont légion et il serait inutile d'essayer de comprendre le pourquoi du comment. D'une part, les organisateurs ne semblent jamais prêts à temps, d'autre part, le public met un temps fou à s'installer, chacun s'arrêtant à tout bout de champ pour saluer telle ou telle connaissance, pour raconter l'histoire de sa vie, pour se faire remarquer de tous.
Lorsque le spectacle finit enfin par démarrer, c'est avec consternation que le citoyen subit l'indiscipline du public. Les premiers pas de danse sont esquissés. Un chanteur entame son premier succès. Mais on murmure encore dans les tribunes. Des retardataires cherchent toujours leurs places. Le bruit des talons retentit dans la nuit tombante. Des fans hurlent sans arrêt, couvrant carrément la voix du chanteur de charme. Parfois même, des spectacles entiers se déroulent au rythme des pas de spectateurs plus soucieux d'aller se servir un verre que d'écouter telle ou telle vedette. Phénomène encore plus vexant lorsque ce sont des serveurs qui font la navette, en plein spectacle, pour servir les spectateurs.
Émerveillé, le citoyen l'est, sans aucun doute, par les spectacles qui l'ont ravi, par les voix qui l'ont transporté. Il a chanté avec Keane, Garou, Michael Bolton, Aznavour. Il a esquissé, en rêve, des pas de danse avec la troupe de Béjart. C'est aussi avec impatience qu'il attend Caracalla, Jethro Tull ou bien d'autres encore.
Mais il voudrait tant, le citoyen, qu'on comprenne et respecte son désir de profiter au maximum de ces moments de pur bonheur.
La saison des festivals bat son plein. De grosses pointures de la scène, du show-biz et du spectacle viennent à la rencontre du public libanais, connu pour son accueil chaleureux. Des groupes de moindre importance se produisent aussi, ici ou là, curieux de découvrir le charme des nuits libanaises. Les festivaliers ont, semble-t-il, redoublé d'efforts cette année, pour offrir aux Libanais un de leurs grands crus.Pris dans l'engrenage de cette ambiance festive, ravi de se sentir en vacances, même s'il bosse le lendemain, le Libanais sillonne le pays pour ne rater aucun des rendez-vous de l'été, traînant avec lui enfants, parents, grands-parents et émigrés.Pour cela, il avale les kilomètres par centaines, du nord au sud, en bus ou en voitures...
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