Ces dernières semaines, la guérilla islamiste a multiplié les attaques dans la région, tuant de nombreux policiers et militaires, et blessant grièvement fin juin le président de l'Ingouchie, Iounous-Bek Evkourov. Le président tchétchène a accusé Dokou Oumarov et le chef de la guérilla en Ingouchie, Akhmad Evloïev dit « Magas », de l'attentat-suicide qui a visé M. Evkourov. « L'enquête sera terminée lorsque Oumarov et Evloïev ne seront plus », a estimé M. Kadyrov, qui a de nouveau accusé « les services secrets occidentaux » de former les rebelles.
Les autorités russes ont par ailleurs annoncé hier la mort d'un soldat, de deux policiers et d'un rebelle dans des incidents armés en Ingouchie et au Daguestan, deux républiques du Caucase voisines de la Tchétchénie. Le président Kadyrov a lui indiqué que quatre autres rebelles avaient été tués hier dans une opération spéciale « toujours en cours » en Ingouchie pour « éliminer » les combattants responsables d'une attaque samedi qui avait coûté la vie à dix policiers tchétchènes. Il a notamment affirmé que le « ministre de la Défense » des indépendantistes tchétchènes, Rousteman Makhaouri, avait été arrêté. Ce nom ne figure toutefois sur aucune liste de responsables militaires de la rébellion tchétchène.
Dans un entretien publié lundi sur le site Internet de Prague Watchdog, une organisation spécialisée sur le Caucase russe, Dokou Oumarov assurait avoir les moyens de multiplier les attaques. « Nous avons un tel afflux de volontaires que, si Allah le permet, il va y avoir des résultats.
Je pense même augmenter le nombre de nos opérations », avait-il déclaré.
Dokou Oumarov, 45 ans, a consacré sa vie à combattre les forces russes, d'abord pour obtenir l'indépendance tchétchène, puis au nom de l'islam. Il s'est déclaré en 2007 émir du Caucase, avec pour objectif d'instaurer un émirat dans toute cette région du sud-ouest de la Russie.

