D'autre part, le président de la République fera part aux non-alignés des inquiétudes que lui inspire le bellicisme du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et les menaces qui planent de ce fait sur la paix, non seulement au Liban, mais dans la région. Il mettra en évidence les menaces proférées dimanche dernier par Benjamin Netanyahu, au cas où un membre du Hezbollah figurerait dans le prochain gouvernement.
Il relèvera, devant ses pairs, la contradiction qu'il y a à proférer des menaces contre un pays, alors qu'Israël ne se prive pas de violer quotidiennement les dispositions de la résolution 1701 qui lui fait obligation de respecter la souveraineté libanaise, de s'abstenir de violer l'espace aérien libanais, de se retirer de ce qui reste de territoire libanais occupé (Chebaa et les collines de Kfarchouba), sans parler de certaines violations terrestres et maritimes.
Non content d'infliger au Liban des pertes précieuses en vies humaines et des dégâts colossaux en biens et infrastructures, Israël va jusqu'à s'ingérer dans ses affaires internes et la formation de son gouvernement, dira le président Sleiman, qui protestera aussi contre cette autre forme d'agression qu'est l'implantation d'un réseau d'espionnage destiné, de toute évidence, à paver la voie à une agression, que ce soit sous la forme d'une attaque ou d'un attentat.
Le président souscrira à la vision du président américain Barack Obama pour un règlement du conflit arabo-israélien. Souplesse, diplomatie, dialogue sont des formules préférables à l'usage de la violence, dira-t-il.
Bien entendu, le refus de l'implantation des Palestiniens au Liban et le droit sacré au retour figureront au premier plan des thèmes qu'abordera le chef de l'État devant ses pairs.
En marge des travaux du sommet, M. Sleiman rencontrera un certain nombre de chefs d'État présents, notamment le président égyptien et le monarque wahhabite. Il s'entretiendra aussi avec le secrétaire général de l'ONU et le secrétaire général de la Ligue arabe des obstacles qui empêchent le respect des dispositions de la résolution 1701 et l'ouverture de négociations sérieuses avec les Palestiniens, la Syrie et le Liban.
Par contre, Michel Sleiman ne pourra pas rencontrer son homologue syrien Bachar el-Assad, qui boycottera ce sommet, en raison du froid qui existe entre la Syrie et l'Égypte.
Telles sont les grandes lignes du document de travail que le Liban compte soumettre au sommet des non-alignés. Y figurera en outre une demande claire d'indemnisation par Israël des dégâts immenses provoqués par ses agressions au Liban-Sud comme ailleurs.
Selon des sources bien placées, le document abordera aussi l'affaire du Tribunal spécial pour le Liban (TSL).
À l'ordre du jour du sommet figurent enfin deux grandes questions très actuelles : le dossier du nucléaire iranien ainsi que celui de la crise financière internationale.

