Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé hier au rétablissement de « l'ordre constitutionnel » sous l'égide de l'Organisation des États américains (OEA) dans ce pays pauvre d'Amérique centrale. Samedi, l'OEA a exclu le Honduras de ses rangs en raison de l'éviction de M. Zelaya. « Tout changement inconstitutionnel du pouvoir » est « inacceptable », a ajouté M. Ban, invoquant un « principe fondamental de la démocratie ».
Après son atterrissage manqué, M. Zelaya avait déjà reçu plusieurs marques de soutien au Salvador voisin de la part du président de l'Assemblée générale de l'ONU, Miguel d'Escoto, du secrétaire général de l'OEA, José Miguel Insulza, et de plusieurs chefs d'État alliés, le Salvadorien Mauricio Funes, l'Argentine Cristina Kirchner, l'Équatorien Rafael Correa et le Paraguayen Fernando Lugo. « Nous allons continuer à rechercher tous les moyens diplomatiques possibles pour rétablir le président Zelaya », a souligné M. Insulza.
Jusqu'ici, le nouveau chef de l'État désigné Roberto Micheletti, qui a suspendu plusieurs libertés fondamentales, n'a pas réussi à convaincre la communauté internationale que la destitution de M. Zelaya n'était pas un « coup d'État » mais une « succession constitutionnelle ». « À partir de demain, la responsabilité revient aux grandes puissances, notamment les États-Unis », pour prendre « des actions immédiates contre ce régime putschiste », a lancé dimanche M. Zelaya qui, après son passage au Salvador, a regagné le Nicaragua, autre pays voisin d'Amérique centrale. Il a également promis de rentrer dans son pays, malgré les menaces d'arrestation qui pèsent sur lui. À son arrivée au Salvador, M. Zelaya avait appelé les militaires à « ne plus réprimer le peuple ». « C'est un acte criminel, un acte qui ne peut demeurer impuni. Les criminels ne peuvent diriger un pays », a-t-il lancé.
L'épisode de l'aéroport a été habile de la part de M. Zelaya, « qui devait bien se douter qu'on ne le laisserait pas atterrir », a commenté un diplomate à Tegucigalpa. « Dans cette démonstration spectaculaire, il maintient la pression sur eux et montre à la limite qu'ils ont peur de lui. Ils pouvaient en effet le laisser atterrir et l'arrêter pour le juger, conformément au mandat d'arrêt qu'ils ont délivré avant de l'expulser », a-t-il poursuivi.
M. Zelaya, au pouvoir depuis janvier 2006, avait été renversé parce qu'il tentait d'organiser une consultation populaire sur la possibilité de briguer un second mandat, démarche déclarée illégale par la Cour suprême.

