Résultat des courses : les ambassadeurs n'ont même pas pu profiter du week-end écoulé. Ils l'ont passé à transmettre à leurs ministères des Affaires étrangères respectifs les moindres développements sur la scène locale. Et ces diplomates se sont rendu compte de plusieurs choses. Que la formation d'un gouvernement au Liban est chose particulièrement complexe, mais que cela ne dégénérera pas en crise, ne serait-ce qu'en raison de l'engagement du PM désigné à présider un cabinet d'union au sein duquel seraient représentés les principaux blocs parlementaires ; une équipe homogène capable de travailler et de produire en coopération avec le chef de l'État ; une équipe capable de solidarité pour relancer l'économie, servir les intérêts des citoyens, faire face aux menaces israéliennes et asseoir le projet de l'État - et avec tout cela, l'opposition est d'accord.
Autres points positifs : la promesse faite par le Hezbollah de continuer à coopérer et à discuter malgré le fait que le parti de Dieu n'ait pas nommé Saad Hariri lors des consultations parlementaires menées par Michel Sleiman. Idem pour Nabih Berry et son bloc, sans oublier Michel Aoun, qui a affirmé n'avoir opposé de veto « contre personne ». Et ce qui pourrait fortement aider aussi, c'est la disposition du Hezb, selon des sources à équidistance des deux camps, à réduire fortement sa part dans le gouvernement au profit de celle de son principal allié, Michel Aoun.
Mais plusieurs obstacles existent. Toujours selon les diplomates accrédités à Beyrouth, Saad Hariri est conscient que les problèmes sont beaucoup plus nombreux que cela en a l'air ; en outre, il faut trancher : le futur gouvernement sera-t-il parlementaire à 100 % ? Mixte ? Extraparlementaire en cas de très grosses difficultés ? Il n'en reste pas moins que le patron du Courant du futur a demandé dès avant-hier samedi au président Sleiman quels ministres il veut et à quels postes : Michel Sleiman souhaiterait Élias Murr aux AE (et non plus à la Défense) et Ziyad Baroud à l'Intérieur.
Dans tous les cas, on en saura bien plus dès aujourd'hui sur les desiderata en tout genre des uns et des autres avec les consultations parlementaires que mènera le PM désigné. Avec une certitude : il n'y aura ni tiers de blocage ni proportionnelle dans la formation de ce gouvernement.

