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Liban - Dans Les Coulisses De La Diplomatie

Sleiman voudrait Murr aux AE et Baroud à l’Intérieur

Cette précipitation des dirigeants de la planète à féliciter Saad Hariri après qu'il eut été chargé par Michel Sleiman de former le prochain gouvernement prouve bien l'intérêt que porte la communauté internationale à la stabilité politique du Liban. En outre, le fait que ces félicitations n'aient même pas attendu la formation du cabinet et le vote de confiance à la Chambre montre bien que le Liban est véritablement scruté dans ses plus petits détails, notamment par les États-Unis et l'Union européenne, et par la France en particulier. On a même vu Washington anticiper la nomination du chef du Courant du futur : le département d'État a ainsi salué une désignation « prévue » ; sans oublier les messages personnels adressés au successeur de Fouad Siniora par Nicolas Sarkozy, François Fillon et Bernard Kouchner (qui sera à Beyrouth le 9 juillet), qui ont insisté sur leur volonté d'aider à préserver la souveraineté et l'indépendance du Liban, de soutenir le travail des institutions et de faire en sorte qu'aucune partie ne court-circuite d'une manière ou d'une autre ces institutions en question.
Résultat des courses : les ambassadeurs n'ont même pas pu profiter du week-end écoulé. Ils l'ont passé à transmettre à leurs ministères des Affaires étrangères respectifs les moindres développements sur la scène locale. Et ces diplomates se sont rendu compte de plusieurs choses. Que la formation d'un gouvernement au Liban est chose particulièrement complexe, mais que cela ne dégénérera pas en crise, ne serait-ce qu'en raison de l'engagement du PM désigné à présider un cabinet d'union au sein duquel seraient représentés les principaux blocs parlementaires ; une équipe homogène capable de travailler et de produire en coopération avec le chef de l'État ; une équipe capable de solidarité pour relancer l'économie, servir les intérêts des citoyens, faire face aux menaces israéliennes et asseoir le projet de l'État - et avec tout cela, l'opposition est d'accord.
Autres points positifs : la promesse faite par le Hezbollah de continuer à coopérer et à discuter malgré le fait que le parti de Dieu n'ait pas nommé Saad Hariri lors des consultations parlementaires menées par Michel Sleiman. Idem pour Nabih Berry et son bloc, sans oublier Michel Aoun, qui a affirmé n'avoir opposé de veto « contre personne ». Et ce qui pourrait fortement aider aussi, c'est la disposition du Hezb, selon des sources à équidistance des deux camps, à réduire fortement sa part dans le gouvernement au profit de celle de son principal allié, Michel Aoun.
Mais plusieurs obstacles existent. Toujours selon les diplomates accrédités à Beyrouth, Saad Hariri est conscient que les problèmes sont beaucoup plus nombreux que cela en a l'air ; en outre, il faut trancher : le futur gouvernement sera-t-il parlementaire à 100 % ? Mixte ? Extraparlementaire en cas de très grosses difficultés ? Il n'en reste pas moins que le patron du Courant du futur a demandé dès avant-hier samedi au président Sleiman quels ministres il veut et à quels postes : Michel Sleiman souhaiterait Élias Murr aux AE (et non plus à la Défense) et Ziyad Baroud à l'Intérieur.
Dans tous les cas, on en saura bien plus dès aujourd'hui sur les desiderata en tout genre des uns et des autres avec les consultations parlementaires que mènera le PM désigné. Avec une certitude : il n'y aura ni tiers de blocage ni proportionnelle dans la formation de ce gouvernement.
Cette précipitation des dirigeants de la planète à féliciter Saad Hariri après qu'il eut été chargé par Michel Sleiman de former le prochain gouvernement prouve bien l'intérêt que porte la communauté internationale à la stabilité politique du Liban. En outre, le fait que ces félicitations n'aient même pas attendu la formation du cabinet et le vote de confiance à la Chambre montre bien que le Liban est véritablement scruté dans ses plus petits détails, notamment par les États-Unis et l'Union européenne, et par la France en particulier. On a même vu Washington anticiper la nomination du chef du Courant du futur : le département d'État a ainsi salué une...
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