À l'approche de ce départ des GI et des marines des grandes villes, les attentats à la bombe se sont multipliés ces dernières semaines à Bagdad et dans le Nord, semant le doute parmi la population sur les capacités des forces irakiennes à assurer la sécurité. Deux attentats meurtriers ont notamment frappé cette semaine Bagdad et Kirkouk, dans le nord du pays, tuant plus de 150 personnes. Vendredi, la capitale a de nouveau été ensanglantée par un attentat qui a fait au moins treize morts sur un marché. Hier, de nombreux barrages avaient été érigés aux carrefours de la capitale où les forces de l'ordre fouillaient avec soin les voitures.
« Toutes nos forces sont en état d'alerte. Pas question de congés. Dans tout le pays, c'est la mobilisation », a déclaré le général Abdul-Karim Khalaf, porte-parole du ministère de l'Intérieur dont dépendent les forces de police. « Toutes nos unités ont été renforcées, et pas seulement aux points de contrôle », a-t-il ajouté.
Samedi, le Premier ministre, Nouri al Maliki, a salué « une nouvelle étape qui va renforcer la souveraineté irakienne », « un message envoyé au monde qui montre que nous sommes désormais capables d'assurer notre sécurité et de gérer nos affaires internes ». « Il est clair que nous nous attendons à une recrudescence des attentats. Mais nous avons pris nos précautions », a dit le général Khalaf.
Pour Khalil Ibrahim, un sunnite, ancien membre des services de renseignements militaires qui vit à Bagdad un pistolet à portée de main et un fusil d'assaut sous son lit, le retrait américain des villes six ans après l'invasion est un motif d'inquiétude. « L'Iran a de bonnes relations avec nos milieux politiques. Il contrôle certaines milices chiites. Une fois les Américains partis, les Iraniens feront ce qu'ils voudront », dit-il.
D'autres, plus optimistes, se disent confiants dans le renforcement et la bonne tenue des forces armées irakiennes.
Chanteurs et poètes fêtent le retrait US
Chanteurs populaires, poètes et groupes de musique irakiens participeront aujourd'hui à une grande fête organisée à Bagdad pour marquer le départ des troupes américaines. Des chanteurs très connus en Irak mais vivant à l'étranger, comme Kassem Sultan et Abed Falek, qui avaient interprété des chansons à la gloire de l'ancien dictateur Saddam Hussein, ou Sabah Mahmoud et Raad al-Nasseri seront sur le podium comme deux célèbres poètes, Sabah al-Hilali et Majid Odah.
Parallèlement, Baaqouba, qui fut ces dernières années synonyme de meurtres, d'attentats en tout genre, de liquidations confessionnelles, de kamikazes des deux sexes, a fêté ce départ avec des ballons et des guirlandes. « Cette ville a connu l'enfer.
Les progrès sont incroyables quand nous comparons la situation actuelle à celle qui prévalait il y a trois ans », note avec satisfaction le colonel américain Shawn Reed, qui commande le régiment d'infanterie chargé de la sécurité de la ville.

