Après les résultats contestés de l'élection présidentielle, les manifestants iraniens ont eu recours à des sites de socialisation comme Twitter ou Facebook pour appeler à la résistance, diffuser des informations et s'organiser. Mais les autorités iraniennes ont répliqué en bloquant ou en limitant l'accès à ces sites ou à ceux de médias internationaux. Le logiciel de Psiphon, développé à l'origine au « Citizen Lab » du Centre Munk de l'université de Toronto, sert à contourner les systèmes de blocage ou les filtres interdisant l'accès à certains sites d'information. Il pratique de « petits trous » dans les pare-feu électroniques et ouvre de nouveaux liens pour parvenir aux contenus bloqués. Si un internaute veut par exemple avoir accès à un site de la BBC bloqué, une fenêtre s'ouvre offrant un autre accès en passant par des serveurs à l'étranger.
« C'est un logiciel de droits de l'homme », dit M. Rohozinski. « Un nombre croissant de pays cherchent à contrôler les contenus sur Internet », souligne M. Rohozinski. « Les pays autoritaires prennent de plus en plus conscience des potentialités d'Internet comme mode d'expression et d'organisation de l'opposition et ils s'efforcent de plus en plus de le contrôler ». « La tendance est inquiétante et nous avons commencé à essayer de nous y opposer », explique-t-il. Les contrôles en Iran ne sont pas aussi omniprésents qu'en Chine, mais ils augmentent, dit-il.
Le Canada a été parmi les pays qui se sont montrés les plus fermes dans leur condamnation de la répression en Iran et le chargé d'affaires canadien a été convoqué par les autorités iraniennes. Selon certaines informations, il se serait notamment vu reprocher de soutenir Psiphon. M. Rohozinski dément tout lien direct avec le gouvernement canadien.

