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Liban - La Situation

Malgré une « microvengeance » de Berry, Hariri prend les rênes de l’Exécutif

La première demi-journée de consultations s'est déroulée sans heurts hier à Baabda, alors que s'amorce aujourd'hui la suite des concertations qui seront couronnées par la désignation sans surprise du député Saad Hariri à la tête du nouveau gouvernement.
Fidèle à son rôle, le président de la Chambre fraîchement (ré)élu a d'emblée entrepris de brouiller les pistes en affirmant qu'il avait « sur le plan personnel » désigné Saad Hariri pour le poste de Premier ministre avant de s'empresser d'assortir d'importantes réserves : ce n'est là que son avis strictement personnel ; quant à l'avis définitif de son bloc, il ne sera connu qu'à la fin des consultations, autrement dit lorsque le nombre de voix soutenant M. Hariri sera connu. M. Berry a également martelé que son bloc « ne prendrait pas part au gouvernement si celui-ci n'est pas un cabinet d'entente, et s'il n'y a pas une véritable participation en son sein ». « Il faut que ce nouveau gouvernement ne comporte ni majorité ni opposition », a également relevé M. Berry.
De nombreux observateurs, notamment une source proche de Baabda, ont vu dans cette déclaration une « mine » plantée par M. Berry, voire une sorte de réponse indirecte et implicite au score - qu'il considère assez bas - qu'il a obtenu le jour de sa réélection à la tête de l'institution législative. Score dont il impute en fait la responsabilité au bloc parlementaire de Saad Hariri, dont tous les membres ne se sont pas, apparemment, conformés à la consigne de vote. De source informée, il apparaissait hier soir que le président de la Chambre serait en train de concocter une microvengeance à Saad Hariri en s'assurant que ce dernier obtiendra moins que 90 voix... Ce qui, selon un député du Courant du futur, n'empêchera nullement M. Hariri de prendre les rênes du pouvoir exécutif, même si la chaîne télévisée du Hezbollah al-Manar se faisait une joie de souligner hier soir que le Premier ministre sortant Fouad Siniora avait, lors de sa désignation, obtenu un nombre de voix supérieur à 100.
Pour en revenir à ce que M. Berry et son bloc appellent désormais la « fonte » des deux courants rivaux - 14 et 8 Mars - dans le gouvernement, une source informée indique que cela pourrait laisser sous-entendre la mise en place d'un gouvernement composé simultanément de technocrates et de pôles politiques. Les technocrates s'empareraient des postes les plus techniques et les figures politiques de premier plan se verraient allouer des portefeuilles d'État, ce qui permettrait à terme de poursuivre le dialogue national dans le cadre du Conseil des ministres, sous forme de Conseil réduit.
Mais les Libanais n'en sont pas - encore - là. Plus stricts, le bloc parlementaire du Hezbollah et celui du Courant patriotique libre se sont purement et simplement abstenus de nommer quiconque à la présidence de Conseil, mais tant Mohammad Raad que Michel Aoun ont assuré qu'ils ne bloqueraient pas le processus de formation du gouvernement. M. Raad a espéré que les jours à venir « permettront de poursuivre ce qui a été amorcé hier (jeudi soir) » lors de l'entretien de M. Hariri avec le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah. M. Aoun est toutefois allé plus loin en précisant qu'il jugerait la nomination de M. Hariri « une fois le gouvernement formé, pas avant », ce qui laisse entendre que la nomination du Premier ministre n'est en fait que la première pierre de l'édifice exécutif.
Une première pierre qui d'ailleurs pourrait très bien demeurer assez longtemps orpheline, la Constitution ne fixant pas de délai maximal pour la formation, par le Premier ministre désigné, du nouveau gouvernement. L'article 53 de la Constitution dispose en effet que « le président de la République nomme le chef du gouvernement, après consultation du président de la Chambre des députés, sur base de consultations parlementaires impératives dont il l'informe officiellement des résultats (...) Il promulgue, en accord avec le président du Conseil des ministres, le décret de formation du gouvernement, et ceux portant acceptation de la démission des ministres ou leur révocation ». Aucun garde-fou constitutionnel ne vient donc imposer une formation rapide du gouvernement, mais s'il faut en croire le « climat » qui prévalait hier tant à Baabda qu'à Koraytem et jusqu'au bunker où se trouve Hassan Nasrallah, tous les signaux sont pour l'heure positifs.
Les observateurs citent dans ce cadre l'intensification des contacts syro-saoudiens ayant pour thème le Liban, un dossier sur lequel les deux pays semblent aujourd'hui en harmonie puisque se manifeste actuellement une nette tendance allant dans le sens d'un appui inconditionnel au président de la République, Michel Sleiman.

La première demi-journée de consultations s'est déroulée sans heurts hier à Baabda, alors que s'amorce aujourd'hui la suite des concertations qui seront couronnées par la désignation sans surprise du député Saad Hariri à la tête du nouveau gouvernement. Fidèle à son rôle, le président de la Chambre fraîchement (ré)élu a d'emblée entrepris de brouiller les pistes en affirmant qu'il avait « sur le plan personnel » désigné Saad Hariri pour le poste de Premier ministre avant de s'empresser d'assortir d'importantes réserves : ce n'est là que son avis strictement personnel ; quant à l'avis définitif de son bloc, il ne sera connu qu'à la...
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