Une ministérielle euro-méditerranéenne sur le développement durable se tenait hier à Paris. Elle avait été précédée par des réunions informelles, moins médiatiques, à Alexandrie, Barcelone ou Marseille. « Cela marque une relance du processus UPM, il n'y avait pas eu de ministérielle depuis six mois », a déclaré à l'AFP le ministre français de l'Environnement, Jean-Louis Borloo, coprésident de la réunion de Paris. Mais officiellement, il faudra attendre la rencontre du 7 juillet pour que, d'un commun accord des 43 membres, l'UPM soit remise sur les rails. « On croise les doigts, mais on y croit », a affirmé à l'AFP un responsable français. Mais s'il attend d'Israël le respect de ses engagements antérieurs sur une solution à deux États, israélien et palestinien, « le groupe arabe ne sera pas celui qui bloquera » le dégel de l'UPM, a souligné M. Nasseri.
Lancée en grande pompe à Paris le 13 juillet 2008 par le président Nicolas Sarkozy, l'UPM vise à convertir l'espace méditerranéen en zone de paix par le biais de projets, en particulier sur l'environnement ou le transport. Cette initiative phare a buté en début d'année, avant même de s'être doté d'une structure, sur le conflit israélo-arabe, tout comme s'était enlisé le dialogue euro-méditerranéen de Barcelone lancé en 1995. Aucun pays arabe, y compris l'Algérie ou la Syrie, n'a cependant claqué la porte, tandis que l'Égypte, coprésidente avec la France, œuvrait à une reprise du dialogue, côté sud de la Méditerranée.
Face au scepticisme ambiant, Henri Guaino, conseiller de M. Sarkozy, a imposé la logique de « l'union de projets » et de solidarités concrètes au cœur de l'UPM dont il est l'initiateur et le maître d'œuvre. Un fonds « inframed » pour le financer a été lancé en avril. Des experts, y compris Palestiniens et Israéliens, se sont aussi assis en juin autour d'une même table pour parler de dépollution marine ou de protection civile. De premiers projets - solaire, eau, urbanisme durable - devaient être labellisés « UPM » à l'issue de la réunion d'hier à Paris. Un plan solaire sur le pourtour méditerranéen - 130 centrales à l'horizon 2020 - a beaucoup progressé. Ces projets de partenariat publics et privés « ne sont pas suffisants pour que la paix s'installe miraculeusement en Méditerranée, mais ils en sont une condition », avait souligné à l'AFP M. Guaino.
Si, comme cela semble probable, le déblocage du dialogue politique intervient début juillet, une floraison de réunions et six ministérielles devront se tenir d'ici à la fin de l'année. C'est aussi avant la fin 2009 que, grâce à des réunions activement organisées par l'Espagne, l'UPM devrait être dotée d'une structure opérationnelle, son secrétariat étant basé à Barcelone.

