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Moyen Orient et Monde - Iran

Khamenei inflexible, la CIA en accusation

Moussavi et ses partisans sont victimes des vexations du pouvoir, la tension avec l'Occident persiste.
L'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la révolution en Iran, a réaffirmé hier que le pouvoir ne céderait pas aux pressions de la rue. Les forces de l'ordre semblent avoir repris le contrôle de la situation, mais plusieurs membres du camp réformateur n'ont pas renoncé à contester la réélection officielle du président Mahmoud Ahmadinejad le 12 juin dernier. Zahra Rahnavard, l'épouse de Mir Hossein Moussavi, candidat malheureux à la présidence, a ainsi lancé un appel à la poursuite des rassemblements et à la libération immédiate des manifestants arrêtés ces derniers jours.
Mais l'ayatollah Khamenei, qui a apporté son soutien à Mahmoud Ahmadinejad, a réaffirmé que « l'administration et la nation ne céderont à aucun prix sous la pression ». « J'ai insisté et je le ferai encore sur le respect de la loi en ce qui concerne le résultat de l'élection », a affirmé le guide suprême.
Les autorités ont maintenu la pression sur le camp Moussavi en procédant à l'interpellation de quelque 25 journalistes et membres du personnel du quotidien Kalemeh Sabz, lancé pour soutenir sa campagne puis interdit de paraître. « Il y a cinq ou six membres du personnel administratif et le reste sont des journalistes. Ils ont été arrêtés lundi », a déclaré Alireza Beheshti, rédacteur en chef. Cinq femmes faisant partie des personnes arrêtées ont été libérées. La police a indiqué avoir effectué une descente au « siège de campagne d'un des candidats », selon l'agence IRNA. Ce lieu n'est autre que le journal de M. Moussavi, selon M. Beheshti. Selon la police, l'endroit servait à mener « des activités pour organiser les récentes manifestations et émeutes (...) et des actions contre la sécurité nationale ».
La presse ultraconservatrice s'en est violemment prise à M. Moussavi. « Vague populaire pour demander à Moussavi des comptes sur le sang versé », écrit en une le quotidien Kayhan. Durant les manifestations, au moins 17 personnes sont mortes et plus d'une centaine ont été blessées, selon un bilan officiel.
Par ailleurs, le candidat
réformateur Mehdi Karoubi, autre candidat malheureux à la présidentielle, a estimé hier que le nouveau pouvoir était illégitime.
M. Moussavi, dont les plus proches collaborateurs ont été arrêtés, s'est en outre retrouvé un peu plus isolé, un autre candidat contestant la régularité du scrutin, Mohsen Rezaï, ayant retiré sa plainte auprès du Conseil des gardiens, chargé de valider les élections. Cet organe doit rendre sa décision d'ici à lundi. Elle semble déjà acquise, son porte-parole ayant indiqué que rien ne semblait devoir invalider le scrutin.
Sur le terrain, la forte présence policière a dissuadé quelques centaines d'Iraniens de se rassembler à proximité du Parlement à Téhéran, ont affirmé des témoins. Selon eux, ces personnes se sont contentées de déambuler sur les trottoirs sans lancer de slogans. La police a toutefois fini par charger certains de ces passants, qui se sont dispersés dans les ruelles avoisinantes, a précisé ultérieurement un témoin. Cette source a affirmé avoir entendu des détonations, sans pouvoir indiquer l'origine, et ajouté que plusieurs personnes avaient été arrêtées. Un autre témoin, contacté en milieu de soirée par l'AFP, a signalé que la situation était totalement calme dans le quartier, évoquant une importante présence policière. Aucune manifestation de masse n'a eu lieu à Téhéran depuis lundi, alors qu'elles étaient quasi quotidiennes depuis l'annonce le 13 juin de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad.
Sur le plan diplomatique, le régime, qui fait face à des critiques grandissantes, a de nouveau formulé des accusations à l'encontre de pays occidentaux, États-Unis et Grande-Bretagne en tête. « La Grande-Bretagne, l'Amérique et le régime sioniste étaient derrière les troubles récents à Téhéran », a affirmé le ministre de l'Intérieur, Sadeq Mahsouli, cité par l'agence de presse Fars. Il a également affirmé que les « émeutiers » étaient financés par la CIA.
Téhéran envisage parallèlement de revoir la nature de ses relations diplomatiques avec la Grande-Bretagne. Depuis le début de la semaine, le ton est monté entre Londres et Téhéran, avec expulsions croisées de diplomates. Hier, le ministre iranien du Renseignement, Gholamhossein Mohseni-Ejei, a affirmé que « des ressortissants détenteurs d'un passeport britannique avaient été impliqués dans les émeutes récentes ». Londres s'est néanmoins efforcé de calmer le jeu, assurant qu'il souhaitait une « relation constructive » avec l'Iran. Le département d'État a par ailleurs indiqué, hier, qu'aucun diplomate iranien n'avait accepté l'invitation aux célébrations de la fête nationale américaine le 4 juillet.

L'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la révolution en Iran, a réaffirmé hier que le pouvoir ne céderait pas aux pressions de la rue. Les forces de l'ordre semblent avoir repris le contrôle de la situation, mais plusieurs membres du camp réformateur n'ont pas renoncé à contester la réélection officielle du président Mahmoud Ahmadinejad le 12 juin dernier. Zahra Rahnavard, l'épouse de Mir Hossein Moussavi, candidat malheureux à la présidence, a ainsi lancé un appel à la poursuite des rassemblements et à la libération immédiate des manifestants arrêtés ces derniers jours.Mais l'ayatollah Khamenei, qui a apporté son soutien à Mahmoud Ahmadinejad, a réaffirmé...
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