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Liban - La Situation

Réélection de Berry : certains pôles du 14 Mars voteront blanc

« Pas besoin de consensus politique pour fixer la date de l'élection du président de la Chambre », a affirmé hier depuis la place de l'Étoile le député Abdellatif Zein. Ce sera donc le 25 juin prochain à 10h30 précises, et « Nabih Berry est le seul candidat à sa succession », a précisé M. Zein. Toutefois, la reconduite de l'actuel président de la Chambre, alors qu'elle semblait largement acquise la semaine dernière, est peut-être aujourd'hui plus de nature à être contestée, sans pour autant être - heureusement ou malheureusement, c'est selon - sérieusement menacée.
Une toute relative marge de manœuvre serait-elle en train de se dessiner pour le 14 Mars ? La réponse à cette interrogation ne pourra être véritablement connue que ce soir, avec le retour de Saad Hariri à Beyrouth. Ce dernier s'est rendu hier soir en Égypte pour des entretiens avec le chef de la diplomatie égyptienne Ahmad Aboul-Gheit. Ce matin, il s'entretiendra avec le président égyptien Hosni Moubarak et devrait regagner Koraytem en fin d'après-midi. De source informée, on indique que ce déplacement impromptu de Saad Hariri au Caire dénote un certain progrès au niveau des concertations syro-saoudiennes sur le Liban. Un fonctionnaire saoudien aurait récemment visité Damas afin de préciser les modalités de la visite d'un haut responsable saoudien en Syrie.
À l'heure qu'il est, la position définitive du Courant du futur vis-à-vis de la réélection de Nabih Berry reste très peu claire, surtout que le Premier ministre Fouad Siniora a indiqué hier qu'il soutenait « la candidature de Saad Hariri » et que ce soutien n'est pas « lié à l'élection de Nabih Berry » à la tête du Parlement.
Du côté des autres formations politiques, certaines voix discordantes commencent à se faire entendre, à l'instar du bloc parlementaire des Forces libanaises (FL) - que les députés Nayla Tuéni et Serge Tersarkissian sont sur le point de rejoindre, à en croire les propos tenus hier en soirée par le député FL, Antoine Zahra. Le bloc des FL serait donc de plus en plus tenté par le bulletin blanc, surtout que plus tôt dans la journée, le chef du parti, Samir Geagea, avait laissé entendre que la reconduite de M. Berry devrait passer par le respect des dispositions constitutionnelles et de l'équilibre confessionnel. « M. Berry sera-t-il son propre porte-parole ou saura-t-il être le porte-parole de la Chambre et en l'occurrence de la majorité parlementaire ? » s'était ainsi interrogé M. Geagea.

Votes blancs et accord global
De son côté, le parti Kataëb a choisi de trancher dès hier : le bloc votera blanc. La réponse de Aïn el-Tiné n'a d'ailleurs pas tardé à fuser : « M. Berry en veut à Amine Gemayel et s'étonne de la sécheresse de son discours. » Car l'enjeu actuel du président de la Chambre sortant n'est certes pas la réélection - laquelle n'est nullement menacée -, mais l'obtention d'un nombre largement majoritaire de voix, ce qui, à l'heure qu'il est, semble acquis. Ainsi, selon le député Boutros Harb, il aurait été beaucoup plus adéquat que « M. Berry fasse de lui-même une déclaration » dans laquelle il se serait engagé à « respecter les prérogatives du président de la Chambre pour que ces quatre dernières années ne se répètent pas ». Nabih Berry aurait dû, « à titre d'exemple, consulter le Parlement avant de prendre certaines décisions comme celle ayant trait à l'illégitimité du gouvernement », a également souligné M. Harb. « En ce qui nous concerne, nous sommes encore en train de réfléchir », a affirmé le député du Batroun à L'Orient-Le Jour, refusant toutefois de trancher définitivement dans le sens d'un vote blanc. « Mais nous pensons que les pressions exercées sur le président de la Chambre n'ont pas été suffisantes, puisqu'il semble avoir reçu les garanties qui lui sont nécessaires. Peut-être qu'il a choisi de faire connaître sa ligne de conduite à venir dans le cadre de son discours d'investiture, qui sait ? » a précisé M. Harb. Également contacté par téléphone, le député d'Achrafieh Michel Pharaon a déclaré qu'il avait d'ores et déjà pris sa décision : « Je vote blanc », a-t-il dit.
Une source proche du 14 Mars a toutefois indiqué que l'alliance cherchait actuellement à lier les diverses échéances en mettant au point un accord global qui inclurait la présidence du Conseil, la présidence de la Chambre, la formation du nouveau gouvernement et la rédaction du communiqué ministériel. En revanche, pour les députés du mouvement Amal et du Hezbollah, « la présidence de la Chambre va être attribuée à Nabih Berry » alors que « la question de la présidence du Conseil est en train d'être étudiée ». Il faudra donc attendre ce soir, avec le retour de Saad Hariri, pour connaître la position du plus grand groupe parlementaire de la Chambre, position qui devrait refléter le développement des tractations syro-saoudiennes.
Dans le même temps, à Paris, et après une rencontre avec le président Nicolas Sarkozy, l'émir du Qatar répondait, agacé, à une question sur le Liban : « Arrêtez avec le Liban. Il n'y a rien de nouveau au Liban. Pourquoi voulez-vous qu'il y ait toujours des histoires au Liban. Le Liban, ça va. »
« Pas besoin de consensus politique pour fixer la date de l'élection du président de la Chambre », a affirmé hier depuis la place de l'Étoile le député Abdellatif Zein. Ce sera donc le 25 juin prochain à 10h30 précises, et « Nabih Berry est le seul candidat à sa succession », a précisé M. Zein. Toutefois, la reconduite de l'actuel président de la Chambre, alors qu'elle semblait largement acquise la semaine dernière, est peut-être aujourd'hui plus de nature à être contestée, sans pour autant être - heureusement ou malheureusement, c'est selon - sérieusement menacée. Une toute relative marge de manœuvre serait-elle en train de se dessiner pour le 14...
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