Après la victoire (27-22) de Dunedin et la défaite (10-14) de Wellington contre les All Blacks, disputées dans le froid hivernal du pays au long nuage blanc, les Français ont pris leurs quartiers dans la plus accueillante Australie pour leur quatrième et dernière semaine de tournée.
« Il fait un peu plus beau à Sydney, on est au centre-ville, ça sent un peu les vacances... Mais il faut vite s'y remettre », a prévenu l'entraîneur français, Marc Lièvremont.
Difficile, pourtant, de se mobiliser en pleine hécatombe. En à peine plus de quarante-huit heures, la délégation française s'est retrouvée amputée de cinq de ses membres.
Dans la foulée de l'exploit de Dunedin, le XV de France n'avait eu qu'un point de suture à déplorer, sur le crâne du demi de mêlée Julien Dupuy. Mais les Blacks ont pris une rugueuse revanche samedi à Wellington et ont donné du fil à retordre au médecin du XV de France, Jean-Philippe Hager.
Après les forfaits de Yannick Jauzion et de Louis Picamoles, tous deux victimes d'une entorse cervicale, et du pilier Thomas Domingo, blessé aux côtes, la série noire s'est poursuivie hier, Sébastien Chabal ayant dû renoncer à son tour en raison d'une blessure au mollet.
« On sait que l'accumulation des matches est un point important, a expliqué M. Hager pour justifier ces blessures. Je crois également que le dernier match a été très engagé avec notamment des phases de rucks qui m'ont semblé être vraiment à la limite du raisonnable au niveau de ce que les joueurs peuvent encaisser. »
Surtout, le XV de France a perdu Mathieu Bastareaud, agressé en pleine rue dans la nuit de samedi à dimanche à Wellington. Un « incident » qui a « un peu choqué le groupe », a expliqué Lièvremont, mais que l'encadrement français s'est employé à minimiser avec un zèle surprenant.
Les cinq blessés ont décidé de quitter leurs partenaires pour rentrer en France. Les vingt-cinq joueurs valides, auxquels viendra se greffer mercredi le pilier castrais Luc Ducalcon, doivent donc serrer les rangs pour affronter les Wallabies qui ont battu la France à trois reprises en 2008.
Hier, les Français ont préféré « couper avec le rugby », selon les termes de l'entraîneur adjoint Émile Ntamack. Au menu : récupération, piscine et un peu de musculation. « On est fatigués, je ne fais que me répéter, a ironisé le capitaine Thierry Dusautoir. Mais je sens une forme d'enthousiasme. Il y a comme une excitation d'arriver à la fin d'une saison de dix mois, l'envie de terminer sur une bonne note. On sait qu'après, ce sont les vacances. » Bien méritées.

