Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde

Les candidats battus ont porté plainte pour 646 irrégularités

Les experts peinent à vérifier la régularité du scrutin et à déceler, faute de preuves, l'existence d'une éventuelle manipulation.

Les trois candidats battus au scrutin présidentiel du 12 juin ont déposé plainte pour un total de 646 irrégularités, a déclaré hier le porte-parole du Conseil des gardiens de la Constitution, Abbas Ali Kadkhodaï, à la télévision. Les irrégularités portent, entre autres, sur des « manques et retards de livraisons de bulletins de vote », des « encouragements à voter pour un seul candidat » et des « déviations de l'itinéraire prévu pour les urnes mobiles ». M. Kadkhodaï a, par ailleurs, indiqué que le Conseil des gardiens « rencontrera samedi les trois candidats », Mir Hossein Moussavi, Mehdi Karoubi et Mohsen Rezaï, pour discuter des recours déposés contre le résultat du scrutin.
Le Conseil a déclaré qu'il était prêt à procéder à un nouveau décompte partiel, mais a exclu l'idée d'annuler le scrutin comme le réclame Mir Hossein Moussavi. Le Conseil est composé de six hauts dignitaires religieux désignés par le guide suprême Ali Khamenei et de six juristes islamiques. Cette instance garantit que les lois adoptées par le Parlement sont conformes à la charia et à la Constitution iranienne. C'est également l'autorité qui entérine le résultat des élections.
Pour Hamid Najafi, rédacteur en chef de Kayhan International, un quotidien conservateur iranien paraissant en langue anglaise, l'enquête du Conseil des gardiens permettra de ramener le calme. « Je pense que cela suffira à apaiser les opposants », a-t-il dit à Reuters. « Après l'enquête, le Conseil des gardiens publiera un communiqué officiel. Ce sera le dernier acte. » Mais, pour autant, le résultat final des élections ne variera pas, parce qu'« il n'y a pas une chance sur un million de commettre une fraude », et parce que « la victoire d'Ahmadinejad a été éclatante ».
Mais alors qu'une poignée seulement d'observateurs indépendants étaient sur le terrain pour rendre compte du déroulement du vote, les experts de l'Iran qui se sont penchés sur les résultats sont dans l'embarras pour établir une analyse claire de la situation et, le cas échéant, révéler une éventuelle fraude.
Ken Ballen, président du groupe de réflexion Terror Free Future basé à Washington, avait conduit il y a trois semaines un sondage par téléphone auprès de 1 001 Iraniens. Cette enquête, conforme aux résultats de samedi, donnaient une confortable avance pour M. Ahmadinejad, avec 34 % des intentions de vote, contre 14 % pour M. Moussavi. « M. Ahmadinejad était devant, à deux contre un. Est-il plausible qu'il ait remporté l'élection ? Oui », avance M. Ken, tout en soulignant que 27 % des personnes interrogées au moment du sondage étaient indécises et que « tout a pu changer » le jour de l'élection.
Les partisans de M. Moussavi pointent, eux, la grande rapidité avec laquelle des millions de voix ont été comptées, ou encore la victoire surprise de M. Ahmadinejad dans la propre ville de M. Moussavi. M. Moussavi fait partie de la minorité azérie, importante dans cette région, dont les électeurs auraient - théoriquement - dû voter pour lui, remarque Ali Alfoneh, un expert de l'Iran de l'American Enterprise Institute. Mais là encore, les analystes en restent au stade de la spéculation, d'autant que le sondage mené par M. Ballen montre que seulement 16 % des Iraniens azéris entendaient voter pour M. Moussavi, contre 31 % pour M. Ahmadinejad.

Autopsie d'élections
Walter Mebane, un universitaire du Michigan (Nord), a également passé à la loupe les résultats de l'élection, grâce à une série d'outils statistiques conçus pour détecter les fraudes, baptisés « autopsie d'élection ». Les moyens d'analyse divergent, mais les résultats sont finalement les mêmes : en comparant les données de 366 districts avec ceux de la précédente élection présidentielle en 2005, M. Mebana a relevé que les résultats de samedi étaient conformes aux tendances qui existaient précédemment. « En 2009, M. Ahmadinejad a fait ses meilleurs scores dans les villes où il bénéficiait déjà de ses plus forts soutiens en 2005 », explique le spécialiste, tout en soulignant que les informations fournies par les autorités iraniennes ne sont pas assez détaillées pour faire une analyse exhaustive. « Le décompte des voix que j'ai vu est relativement réaliste, mais cela n'exclut en rien la possibilité d'une manipulation », dit-il, expliquant par exemple que ses propres résultats auraient été globalement identiques même si le gouvernement iranien avait légèrement gonflé le décompte des voix.
Quoi qu'il en soit, pour Ali Alfoneh, le gouvernement iranien devra apporter la preuve que le scrutin a été régulier. Dans le cas contraire, « si le gouvernement ne parvient pas à donner des éléments montrant qu'il n'y a pas eu fraude, cela risque de radicaliser les protestataires ».

Les trois candidats battus au scrutin présidentiel du 12 juin ont déposé plainte pour un total de 646 irrégularités, a déclaré hier le porte-parole du Conseil des gardiens de la Constitution, Abbas Ali Kadkhodaï, à la télévision. Les irrégularités portent, entre autres, sur des « manques et retards de livraisons de bulletins de vote », des « encouragements à voter pour un seul candidat » et des « déviations de l'itinéraire prévu pour les urnes mobiles ». M. Kadkhodaï a, par ailleurs, indiqué que le Conseil des gardiens « rencontrera samedi les trois candidats », Mir Hossein Moussavi, Mehdi Karoubi et Mohsen Rezaï, pour...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut