Entre « Le Liban bascule dans l'axe syro-iranien » et « Victoire de la coalition prooccidentale », les manchettes de journaux étrangers ont, elles aussi, longtemps hésité ! Finalement, l'image du pays est sauve, et le risque pour l'activité touristique et l'afflux d'investissements étrangers est pour le moment bel et bien écarté, n'en déplaise à ceux qui voulaient « combattre les pétrodollars ».
Mais bien plus que tout cela encore, c'est contre cette mystérieuse boîte de Pandore qu'est la IIIe République promise par certains que les Libanais ont voté. Et s'il faut trouver une quelconque déception à ces résultats, c'est bien qu'on ne saura jamais ce que contenait vraiment cette boîte de Pandore qui n'est plus désormais qu'une chimère : une République islamique sur le modèle iranien ? Une destitution de la présidence actuelle sous prétexte d'anticonstitutionnalité ? Un renversement des valeurs libanaises ? Un chamboulement du fragile équilibre confessionnel libanais actuel? Il est des boîtes dont aucune curiosité, aussi forte soit-elle, ne justifie l'ouverture.
Mais si les Libanais ont su nous éviter ce grand saut dans l'inconnu, c'est bien grâce à l'effort conjugué de plusieurs acteurs. Un grand merci au ministre Ziyad Baroud pour le déroulement parfait de ce scrutin, organisé en un jour. Un grand merci au président Michel Sleiman pour avoir su se mettre à l'écart de toute polémique sur son implication supposée dans ces élections. Un grand merci aux fils et parents de martyrs pour avoir lutté sans relâche, sans jamais douter de la justesse de leur cause, malgré toutes les pressions et les calomnies qu'ils ont subies. Merci à tous ces Libanais qui, tous bords confondus, ont participé massivement à ces élections pour permettre de connaître enfin la vraie volonté du peuple. Merci à tous ces journalistes qui ont inlassablement énoncé, analysé, décortiqué tous les enjeux de ces élections sans jamais céder aux intimidations. Merci à tous ces militants de la vérité qui ont répandu sur Internet les images qui ne trompent pas, exposant au grand jour les contradictions de certains candidats et ajustant les mémoires sélectives de leurs électeurs.
La victoire n'est peut-être pas complète, mais elle est suffisamment belle pour humer à pleins poumons cet air de liberté qui nous soulève depuis ce matin du 8 juin 2009.


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