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Législatives : juin 2009 - Pour aller plus loin - Éclairage

Débat au sein de l’opposition sur la participation au prochain gouvernement

Retour à la case départ. Les élections législatives tant attendues n'ayant pratiquement rien changé au paysage politique general - à part la victoire marquée du chef du Courant du futur Saad Hariri qui considère désormais qu'il se lance réellement sur les traces de son père -, la formation du prochain gouvernement risque de ne pas être de tout repos.
Chaque camp cherche à tirer la couverture de son côté et les négociations s'annoncent plutôt difficiles. Au sein du 14 Mars, certaines voix s'élèvent pour exiger un accord global couvrant la présidence de la Chambre, la présidence du Conseil et la composition du gouvernement. Pourtant, les deux premières semblent acquises.
Même si la reconduction de Nabih Berry à la tête du Parlement suscite des critiques, elle semble acquise, faute de candidat rival et parce que Berry demeure un interlocuteur acceptable pour tous, rompu aux subtilités de la vie politique libanaise et respectueux des équilibres régionaux et internationaux. Le premier à l'avoir compris est Walid Joumblatt qui a déclaré son appui clair à Berry. De son côté, la désignation de Saad Hariri à la tête du gouvernement semble aussi évidente, d'abord parce qu'il est porté par l'élan de sa victoire électorale, ensuite parce que ce gouvernement devrait ouvrir une nouvelle page dans la vie de l'Exécutif libanais.
Mais c'est après cette désignation que le bras de fer va s'engager. Au sein de l'opposition, deux courants se précisent : le premier, essentiellement constitué de membres du Hezbollah, estime qu'il serait peut-être préférable de ne pas participer au gouvernement et de laisser la majorité gouverner comme elle le souhaite. De toute façon, si elle prend des décisions dans le genre de celles du 5 mai 2008, l'opposition détient suffisamment de cartes en main pour ne pas se laisser faire et pour le reste, ce courant ne voit pas la nécessité de participer à la gestion des affaires politiques, économiques et sociales dans un tel climat, d'autant que l'opposition est toujours plus facile et fructueuse sur le plan populaire. Le second courant, représenté essentiellement par le général Aoun et les membres de son bloc, considère au contraire qu'il faut participer au gouvernement et exiger un nombre de portefeuilles équivalant au nombre de sièges au Parlement. Pour ce courant, il n'est pas question de se laisser faire et de renoncer au tiers de blocage qui a permis au sein du gouvernement actuel de bloquer certaines décisions et d'empêcher la majorité de monopoliser le pouvoir et de l'utiliser selon ses propres intérêts. Pour ce courant, la décision de participer au gouvernement est définitive, le tout est de savoir négocier pour obtenir les conditions souhaitées.
Le débat est ouvert et le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah a chargé son conseiller politique Hussein Khalil d'établir les contacts avec les différents membres de l'opposition pour coordonner les positions. Une réunion au niveau des chefs de file doit se tenir incessamment pour définir la position finale, ainsi qu'une stratégie de négociation qui devrait permettre à l'opposition d'obtenir gain de cause et de travailler de concert. Cette concertation est d'autant plus nécessaire que les ouvertures en direction du Hezbollah de la part de Saad Hariri et de Walid Joumblatt pourraient cacher une volonté de diviser l'opposition, en rassurant le Hezbollah et en isolant son allié le général Aoun. Il se pourrait qu'en definitive, le Hezbollah cède sa part des portefeuilles ministériels à ses alliés, un peu comme il a cédé une partie de ses sièges parlementaires à Berry, Aoun, le PSNS et le Baas, choisissant de rester en dehors du gouvernement pour se consacrer à ce qu'il considère comme sa priorité, à savoir la résistance. Les choix définitifs devraient être définis au cours des prochains jours, mais les pôles de l'opposition resteront en concertation permanente pour des négociations qui s'annoncent dures et serrées, les deux camps étant déterminés à discuter chaque point et à ne pas faire de concessions sans contrepartie.

Chaque camp cherche à tirer la couverture de son côté et les négociations s'annoncent plutôt difficiles. Au sein du 14 Mars, certaines voix s'élèvent pour exiger un accord global couvrant la présidence de la Chambre, la présidence du Conseil et la composition du gouvernement. Pourtant, les deux premières semblent acquises.Même si la reconduction de Nabih Berry à la tête du Parlement suscite des critiques, elle semble acquise, faute de candidat rival et parce que Berry demeure un interlocuteur acceptable pour tous, rompu aux subtilités de la vie politique libanaise et respectueux des équilibres régionaux et internationaux. Le premier à l'avoir compris est Walid Joumblatt qui a déclaré son appui clair à...