Rechercher
Rechercher

Liban - Éclairage

Damas émet (enfin) des signaux positifs que le Hezbollah répercute assez volontiers

C'est en chœur que les professionnels du cru, pôles en tête, fredonnent que la bataille électorale étant terminée, le ton du discours politique doit maintenant s'adoucir. Les résultats viennent déterminer les volumes respectifs des parties en présence, en confirmant la primauté du 14 Mars, majoritaire à la Chambre. L'opposition, qui soutenait à cor et à cri que les rôles allaient s'inverser, se trouve démentie par le verdict sans appel des urnes. Après la pluie, le beau temps, le climat général se trouve épuré, apaisé, et le ciel d'été, un moment grisâtre, revient au bleu.
Les leaders de la majorité, Hariri et Joumblatt notamment, appellent au calme, refusent tout triomphalisme et demandent à leurs partisans de ne pas célébrer ostensiblement la victoire. Ils veulent en effet tendre la main au camp d'en face pour entamer des négociations sereines sur la formation du prochain gouvernement. Mais ils précisent, en même temps, qu'ils ne peuvent plus accepter les conditions rédhibitoires que les prosyriens posent depuis 2006, dont le tiers de blocage. Du reste, un cadre loyaliste qui a de la mémoire rappelle qu'en 2007, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait réclamé des législatives anticipées, affirmant que la guerre de juillet 2006 rendait nécessaire une telle consultation populaire. En faisant écho au défi lancé par d'autres pôles opposants, assurant à l'époque qu'ils gouverneraient seuls en cas de victoire, et retourneraient dans leurs foyers en cas de défaite. Pour le 14 Mars, l'équation est claire : d'accord pour la participation, mais sans chantage, sans tiers de blocage, dans le strict respect de la démocratie et de la Constitution qui ordonne la coopération entre les pouvoirs et, surtout, la cohésion étatique.
Cette logique démocratique induit que la présidence du Conseil devrait revenir au leader sunnite du 14 Mars, Saad Hariri. Il indique lui-même qu'il pourrait bien cette fois, après avoir acquis l'expérience nécessaire, se laisser faire douce violence. Pour se mettre à la tête d'un gouvernement dont le projet politique serait de réunifier solidement les Libanais en s'appliquant à lui-même un traitement actif d'entente dans la détente. Et en améliorant, là où cela doit se faire, les liens du Liban avec les parties étrangères, les Arabes et la Syrie en tête.
Des sources informées indiquent à ce propos que Saad Hariri aurait fait parvenir à la Syrie des messages indirects d'ouverture, articulés notamment sur le respect de l'impartialité du tribunal international, et sur la dénonciation de toute bombe sonore destinée à assourdir, et à tromper, cette instance. Selon ces sources, retour de Damas, les responsables syriens auraient accueilli avec satisfaction cette ouverture de Hariri, ainsi que les propos apaisants, positifs, tenus dernièrement par Walid Joumblatt. D'après ces témoins, le régime syrien serait résolu, tout en resserrant ses liens avec les institutions et les instances officielles libanaises, à amorcer un rapprochement avec des pôles du 14 Mars. Il est d'ailleurs probable que ces intentions nouvelles soient un peu derrière l'échange actuel d'aménités entre le tandem Hariri-Joumblatt et le président Nabih Berry. Tout comme elles peuvent avoir influencé Hassan Nasrallah qui, après son discours postélectoral mesuré, pourrait lui aussi rencontrer prochainement Hariri et Joumblatt. Sans doute avant le 20, date de l'élection du président de la Chambre.
Toujours à ce propos, comme pour discuter gouvernement, Nasrallah se réunirait sous peu avec Berry, Aoun et Frangié. On verrait ensuite si le général, qui réclame d'être représenté au gouvernement au prorata de l'importance numérique de son bloc parlementaire, réussirait à obtenir le soutien de ses alliés, dont, du même coup, il rognerait la part. Ses exigences préliminaires sont en tout cas rejetées par les loyalistes, qui indiquent que nul ne doit poser d'avance des conditions sine qua non si on veut vraiment un gouvernement d'entente.
Quoi qu'il en soit, confirmant la ligne de main tendue qu'adopte désormais le Hezb, le numéro deux du parti, cheikh Naïm Kassem, déclare que la page qui s'ouvre après les élections sera marquée par un comportement hautement positif de sa formation, « prête, dit-il, à coopérer pleinement avec l'autre partie, une fois qu'elle nous aura précisé ses propositions pour que nous sachions comment traiter avec elle ». En réponse, les majoritaires ne mettent plus l'accent sur la nécessité de régler le problème de l'armement du Hezbollah.
On évolue donc en principe vers un renforcement de l'idée d'État qu'incarne le président Michel Sleiman, qui reçoit chaque jour un appui international, américain, européen et arabe accentué. Ce qui le conforte dans son projet de lancer sans plus tarder le chantier des réformes et du redressement socio-économique. Comme dans son action de rassembleur national, de conciliateur sinon d'arbitre, et de garant de la Constitution, comme de la coexistence.
C'est en chœur que les professionnels du cru, pôles en tête, fredonnent que la bataille électorale étant terminée, le ton du discours politique doit maintenant s'adoucir. Les résultats viennent déterminer les volumes respectifs des parties en présence, en confirmant la primauté du 14 Mars, majoritaire à la Chambre. L'opposition, qui soutenait à cor et à cri que les rôles allaient s'inverser, se trouve démentie par le verdict sans appel des urnes. Après la pluie, le beau temps, le climat général se trouve épuré, apaisé, et le ciel d'été, un moment grisâtre, revient au bleu.Les leaders de la majorité, Hariri et Joumblatt notamment, appellent au calme, refusent tout...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut