L'Egypte veut conclure un accord pour enfin traduire des auteurs israéliens comme Amos Oz et David Grossman, a annoncé jeudi à l'AFP à un haut responsable du ministère de la Culture.
"J'espère conclure d'ici le début juillet un accord avec leurs éditeurs en anglais ou français, mais sans passer par les éditeurs israéliens", a affirmé Gaber Asfour, directeur du centre national de la traduction, qui dit avoir eu le feu vert du ministre de la Culture, Farouk Hosni.
Seuls deux ouvrages israéliens ont été publiés ces dernières années, et par un petit éditeur privé, en Egypte, pourtant le premier pays à avoir fait la paix avec Israël en 1979.
Aucun film israélien ne peut davantage être vu en Egypte en raison d'un boycottage, relayé par le pouvoir, des artistes israéliens, même pacifistes, de la part des intellectuels égyptiens, au nom du refus de la "normalisation".
Après s'être attiré les foudres d'intellectuels juifs pour s'être dit "prêt à brûler" des livres israéliens, M. Hosni a gagné mercredi Paris pour plaider sa candidature à la tête de l'Unesco, l'agence de l'ONU pour la culture.
Il a "solennellement regretté" avoir prononcé il y un an cette phrase, selon lui une simple hyperbole, en réplique à un député islamiste qui s'insurgeait contre une prétendue présence de livres israéliens à la bibliothèque d'Alexandrie.
"Ne pouvant pas traiter directement avec les éditeurs israéliens, ce qui aurait déclenché un tollé en Egypte et dans le monde arabe, nous avons décidé de négocier avec les maisons d'édition européennes", a expliqué M. Asfour.
Il a dit attendre leur réponse pour obtenir les droits de traduction à partir de l'anglais ou du français de romanciers contemporains, comme Amoz Oz et David Grossman, tous deux proches du camp de la paix.
Il a cité les Recueils de nouvelles d'Amos Oz, le Vent jaune de David Grossman et des ouvrages de l'école dite des "nouveaux historiens" israéliens, tels Tom Segev ou Avi Shlaim.
Si Israël a pris la décision de cesser sa campagne contre le ministre égyptien de la Culture, le ressentiment est vif en raison du blocage à l'égard de la culture israélienne, en plus de la libre diffusion de libelles antisémites dans les rues du Caire.
"J'ai transmis au ministère de la Culture des listes de livres israéliens déjà traduits en arabe, sans obtenir la moindre réponse. La coopération est zéro", a dit à l'AFP Benny Sharoni, attaché culturel à l'ambassade d'Israël au Caire.
Ces dernières années, deux livres seulement ont été traduits par un petit éditeur privé, suscitant l'ire en Egypte, le roman Yasmine de Eli Amir, originaire d'Irak, et des poèmes de Naïm Araïdi, un druze de Galilée.
"Et dire qu'en Israël a été traduite toute l'oeuvre de Naguib Mahfouz, prix Nobel de littérature", a dit M. Sharoni, déplorant que l'écrivain Alaa al-Aswany ait décliné des offres d'éditeurs israéliens pour son best seller L'immeuble Yacoubian.
"J'espère conclure d'ici le début juillet un accord avec leurs éditeurs en anglais ou français, mais sans passer par les éditeurs israéliens", a affirmé Gaber Asfour, directeur du centre national de la traduction, qui dit avoir eu le feu vert du ministre de la Culture, Farouk Hosni.
Seuls deux ouvrages israéliens ont été publiés ces dernières années, et par un petit éditeur privé, en Egypte, pourtant le premier pays à avoir fait la paix avec Israël en 1979.
Aucun film israélien ne peut davantage...


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