Les trois pays vont « informer l'OMC de l'intention de la (future) union douanière russo-kazakho-bélarusse de commencer des négociations sur l'adhésion à l'OMC en tant que territoire douanier uni », a annoncé M. Poutine, lisant une déclaration commune signée avec ses homologues bélarusse et kazakh.
Moscou, Minsk et Astana vont également informer l'OMC de « l'arrêt du processus d'adhésion (individuelle) de la Russie, du Belarus et du Kazakhstan » à l'organisation, a-t-il ajouté, soulignant que la priorité restait « l'adhésion (...) mais en tant qu'union douanière unie ».
Les trois pays veulent instaurer des « droits de douane unifiés » au 1er janvier 2010 et finir toutes les procédures pour la « formation d'un territoire douanier uni d'ici au 1er juillet 2011 », a-t-il expliqué.
Cette décision repousse de fait la date d'entrée de la Russie dans l'organisation, alors que la ministre russe du Développement économique, Elvira Nabioullina, et la commissaire européenne au Commerce, Catherine Ashton, étaient tombées d'accord vendredi lors du Forum de Saint-Pétersbourg sur l'intérêt de boucler l'adhésion russe avant la fin 2009.
Le ministre russe des Finances Alexeï Koudrine a indiqué que le processus de négociations de cette union douanière débuterait en 2010, rapporte par ailleurs l'agence ITAR-Tass.
Il est nécessaire que l'union soit ratifiée, a-t-il précisé. « Alors on saura à partir de quelles positions on pourra achever les négociations pour l'OMC », a-t-il ajouté.
« Notre tâche est de faire en sorte que le travail énorme mené par la Russie dans les négociations avec les pays membres de l'OMC soit pris en compte », a déclaré un responsable du ministère russe du Développement économique, Alexeï Likhatchev, cité par l'agence Ria Novosti.
Il a indiqué qu'il était pour l'instant impossible de donner un délai pour l'adhésion de l'union douanière. « Le travail à faire est important, difficile, mais il est peu probable que cela complique la situation », a-t-il jugé.
La Russie est la dernière puissance économique à ne pas être intégrée au système commercial multilatéral. Après de longues et tortueuses négociations, son adhésion à l'OMC a été remise en cause en août 2008 après son intervention armée en Géorgie.
Les autorités russes ont réaffirmé, depuis, leur volonté d'intégrer le « temple » du commerce mondial, après avoir longtemps soufflé le chaud et le froid sur ce sujet. Mais la Géorgie, déjà membre de l'OMC, menace de barrer la route à la Russie, l'adhésion d'un nouvel État à l'organisation devant être approuvée par chacun des pays membres.
De son côté, le Belarus a déposé sa demande d'adhésion à l'OMC en 1993, tandis que le Kazakhstan l'a fait en 1996.
Cette annonce intervient dans un contexte pourtant tendu entre la Russie et le Belarus, leurs présidents respectifs Dmitri Medvedev et Alexandre Loukachenko ayant eu dernièrement de vifs échanges. Peu après, Moscou a interdit l'importation de la quasi-totalité des produits laitiers du Belarus.
Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a assuré hier qu'il ne s'agissait pas de « sanctions » mais que ces limitations étaient liées à de nouvelles réglementations entrées en vigueur l'an dernier en Russie. Parler de « divorce » entre Moscou et Minsk est « tout à fait mal à propos », a aussi déclaré la porte-parole du Kremlin Natalia Timakova.

