La vente a été réalisée au prix de 265 pence l'action (soit un montant total de 3,5 milliards de livres) via un placement accéléré, qui a été achevé dans la journée, a indiqué à l'AFP une porte-parole de Crédit Suisse à Londres, la banque d'affaires chargée de l'opération.
Cette cession a été décidée alors que le titre Barclays avait grimpé de quelque 50 % depuis la prise de participation du fonds émirati fin octobre. Barclays avait alors levé 7,05 milliards de livres, notamment auprès du Qatar et d'Abou Dhabi. La banque comptait ainsi échapper à l'arrivée du gouvernement britannique à son capital.
IPIC, qui a servi de véhicule d'investissement dans cette affaire, appartient à cheikh Mansour ben Zayed al-
Nahyane, membre de la famille régnante d'Abou Dhabi, déjà connu au Royaume-Uni pour posséder le club de football de Manchester City. Il avait apporté un total de 3,5 milliards de livres et souscrit 1,5 milliard de livres d'options (« warrants ») supplémentaires, devenant le premier actionnaire de Barclays avec potentiellement 16,3 % du capital. Le produit de la vente, qui représente de l'ordre de 13,5 % du capital de Barclays, sera réinvesti dans l'industrie pétrolière, a précisé IPIC (International Petroleum Investment Company) dans un communiqué.
Le directeur général du fonds, Khadem al-Qubaisi, a justifié la vente par « la stratégie d'investissement à long terme d'IPIC dans des projets en relation avec les hydrocarbures ».
Le directeur général de Barclays John Varley a affirmé que sa banque entendait « renforcer encore les liens stratégiques et commerciaux » avec Abou Dhabi.
Mais cette cession a été très mal accueillie en Bourse, alors qu'à l'automne dernier, l'entrée au capital d'Abou Dhabi avait été présentée comme un investissement de long terme et une marque de confiance dans le potentiel de la banque.
L'action du groupe a fini sur une chute de 13,52 % à 273,50 pence, signant la plus forte baisse des valeurs vedettes londoniennes.
« La volte-face du fonds souverain d'Abou Dhabi vis-à-vis de Barclays prouve que depuis le début, ce n'était qu'un jeu. Ce coup stratégique sème le doute sur tous les investissements étrangers dans des grandes entreprises, en particulier les investissements en provenance du Moyen-Orient », a commenté Manoj Ladwa, courtier chez ETX Capital.
Fin avril, Qatar Holding, fonds souverain du Qatar, entré au capital en même temps que son homologue d'Abou Dhabi, avait légèrement réduit sa participation dans Barclays, tout en assurant là aussi qu'il entendait en rester un actionnaire et partenaire commercial clé.


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