Des photos montrent un soldat américain qui semble violer une prisonnière et d'autres un traducteur violant un détenu, selon le journal. Certains clichés montreraient des abus sexuels perpétrés sur des prisonniers avec des objets comme une matraque, du fil de fer ou un tube de néon. D'autres montreraient une prisonnière dont les vêtements sont retirés de force, exposant ses seins. Le Daily Telegraph indique avoir pu confirmer la nature de ces photographies auprès du général Antonio Taguba, qui avait été chargé de l'enquête sur les sévices à Abou Ghraib par les autorités américaines.
Interrogé par le journal, le général Taguba a déclaré qu'il soutenait la décision du président Obama de ne pas permettre la publication des photos. « Ces images montrent des tortures, des abus et toutes sortes d'actes indécents. Je ne suis pas sûr que leur publication servirait à quelque chose, autrement que dans un cadre juridique, et la conséquence serait de mettre en péril nos troupes (...) quand nous en avons le plus besoin, ou les troupes britanniques qui essaient de construire la paix en Afghanistan », a-t-il déclaré. « La simple description de ces images est assez horrible, croyez-moi », a-t-il ajouté.
Le président Obama s'est opposé à la mi-mai à la publication de nombreuses photos montrant des sévices qui auraient été pratiqués par des soldats américains dans des prisons en Irak ou en Afghanistan sous la présidence Bush, alors que l'administration américaine avait laissé entendre précédemment être favorable à la publication de ces photos. Cette décision avait été prise par le président Obama pour éviter « d'enflammer les zones de combat et de mettre en danger les forces américaines » en Irak et en Afghanistan, avait expliqué un porte-parole, alors que la nature des photographies n'était pas encore connue.
La publication en 2004 de photos montrant des soldats humiliant des prisonniers à Abou Ghraib avaient fait le tour du monde, provoquant l'indignation contre les méthodes employées par l'armée américaine. Ces photographies sont liées à 400 cas présumés de sévices commis à Abou Ghraib et dans six autres prisons entre 2001 et 2005.

