Incontestablement, le citoyen rêve de routes bien asphaltées, où il pourra rouler en toute sécurité et qui n'endommageront ni sa voiture ni ses pneus, ou ses jantes. Mais il ne comprend pas, le citoyen, pourquoi ces travaux d'infrastructure ne sont pas régulièrement entrepris suivant un calendrier bien précis, qui lui serait communiqué à l'avance, pour lui permettre de s'organiser en conséquence. Il ne comprend pas non plus, le citoyen, pourquoi les responsables jettent leur dévolu sur certains axes, et en négligent totalement d'autres, où foisonnent bosses et crevasses et qui sont bien plus dangereux, carrément meurtriers même, tant pour les véhicules que pour les automobilistes. Il ne comprend surtout pas, le citoyen, pourquoi, à la veille d'élections, les candidats à la députation se souviennent soudainement de leurs devoirs envers lui. C'est avec frénésie et comme par magie que les routes sont alors asphaltées, que les bourses d'étude sont distribuées, que les factures de la Sécurité sociale sont remboursées, que les projets liés au développement surgissent, que des fondations liées à tel ou telle personnalité inaugurent des écoles, pour ne citer que ces quelques exemples, parmi des milliers d'autres.
Pris au piège, le citoyen n'est pourtant pas dupe. Il se prend alors à rêver d'une classe politique réellement responsable, consciente de ses devoirs envers lui. Des devoirs qu'elle assumerait à tout instant, 24 heures sur 24, et non pas seulement à la veille d'élections. Et qui rendraient inutiles, voire obsolètes, ces services qu'elle monnaie encore trop et sans aucun complexe, contre les voix des électeurs.


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