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Liban - Commentaire

Conditions occidentales précises pour traiter avec un éventuel gouvernement prosyrien

Une campagne aussi effrénée que, finalement, bien inutile. Le citoyen ordinaire ne prête en effet qu'une attention distraite aux slogans dont on l'abreuve. Il ne croit pas beaucoup aux promesses des candidats, trop nombreuses pour être tenues et trop belles pour être vraies. Ce qui lui importe, c'est le cap que le pays politique va adopter. Une destination, une destinée, diamétralement opposée, selon le vainqueur, 14 ou 8 Mars.
Les cadres du Hezbollah assurent qu'une fois au pouvoir, les prosyriens ne seront pas boudés sur le plan international. Et que les capitales concernées traiteront toutes, sans faute, avec le gouvernement libanais issu des élections. Mais ils ne précisent pas si, pour certains États importants, la relation avec un pouvoir local prosyrien ne serait pas soumise à des conditions déterminées. Comme cela a été le cas avec le Hamas qui, ayant accédé au gouvernement après sa réussite aux législatives, s'était vu sommé de reconnaître Israël, de renoncer à la violence et d'accepter des négociations de paix. Comme prix de la levée de l'embargo frappant Gaza et du maintien des programmes d'assistance aux Palestiniens.
Pour ce qui est du Liban, il se pourrait bien que les Occidentaux, États-Unis en tête, pressent un éventuel cabinet prosyrien d'exécuter les termes des résolutions onusiennes, la 1701 et la 1559, que la présente majorité, contrée par les amis de Damas, n'a pu faire appliquer. En clair, les prosyriens devront œuvrer, pour être agréés, en faveur d'un État de droit indépendant, souverain, maître de l'intégrité du territoire et seul armé. Sans plus de milices ni d'arsenaux, libanais ou palestiniens. Avec tracé et verrouillage des frontières, ainsi que récupération de Chebaa par la voie diplomatique.
Au stade actuel, une évidence s'impose : une victoire du 8 Mars signifierait essentiellement, pour les capitales étrangères, une prise de contrôle de ce pays par le Hezbollah. La question qui se pose est de savoir si ce parti pourrait décider de remettre ses armes, s'il en éprouvait l'envie, ce qui n'est pas du tout certain, en se passant de l'avis de l'Iran et de la Syrie ? Accepterait-il de renoncer à la résistance armée, au profit de négociations de paix ? Est-on du reste absolument sûr qu'il se plierait à des recommandations iraniennes et syriennes positives ?
À ce propos, des optimistes estiment qu'une fois bien rassuré sur l'innocuité du tribunal international, le régime syrien voudrait composer avec les Occidentaux, pour promouvoir son rôle régional, pour faciliter la récupération du Golan, et, surtout, pour ne pas être gêné dans ses mouvements au Liban, une fois qu'il y aurait rétabli une forte influence politique par le truchement de ses alliés. Selon ces sources, il ne serait pas étonnant qu'une fois au pouvoir, le 8 Mars s'évertue, sur conseil syrien, à régulariser l'armement du Hezbollah en le plaçant sous le contrôle de l'État.
Une campagne aussi effrénée que, finalement, bien inutile. Le citoyen ordinaire ne prête en effet qu'une attention distraite aux slogans dont on l'abreuve. Il ne croit pas beaucoup aux promesses des candidats, trop nombreuses pour être tenues et trop belles pour être vraies. Ce qui lui importe, c'est le cap que le pays politique va adopter. Une destination, une destinée, diamétralement opposée, selon le vainqueur, 14 ou 8 Mars.Les cadres du Hezbollah assurent qu'une fois au pouvoir, les prosyriens ne seront pas boudés sur le plan international. Et que les capitales concernées traiteront toutes, sans faute, avec le gouvernement libanais issu des élections. Mais ils ne précisent pas si, pour certains États importants, la relation avec un pouvoir local...
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