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Liban - Texto

Le vase, la goutte, etc.

Il suffit de tellement peu pour que l'on se noie. Une micro-goutte d'eau et ça y est, tout le monde patauge. L'enjeu aujourd'hui et jusqu'au soir du 7 juin, c'est le scrutin législatif. D'ici là, et quel que soit le séisme politico-juridico-social qui risque de secouer le pays, le tout est de rester concentré. Viscéralement concentré. Pour ne pas perdre de vue l'objectif principal.
L'ancien président français François Mitterrand affirmait un jour à un grand patron, ingénieur de profession, que si certains usaient d'une ligne droite pour rallier un point à un autre, il n'en était pas ainsi pour lui. Pour aller d'un point A à un point B, Mitterrand affirmait sans détour qu'il n'hésitait pas à emprunter tous les chemins... détournés mais néanmoins, selon lui, nécessaires pour parvenir à ses desseins.
Dans un passé plus proche, et dans un tout autre style, la libération des quatre généraux dans le cadre de l'affaire de l'assassinat de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri est sans aucun doute de nature à brouiller les priorités et à instaurer une atmosphère de pseudo-reddition de comptes. Et à faire oublier aux citoyens l'enjeu principal, celui pour lequel il y a d'abord eu les incidents du 7 mai il y a un an jour pour jour, celui pour lequel il y a ensuite eu Doha.
Doha, ce sont les interminables discussions nocturnes, les nuits blanches passées à rééquilibrer pour la énième fois un texte déjà trop retouché pour être efficace. Doha, c'est surtout l'esquisse d'une loi électorale cuvée 2009, esquisse assortie d'une trêve médiatique dont la conséquence directe était d'instaurer la quiétude du climat démocratique dont s'enorgueillissent immanquablement les Libanais à chaque fois qu'il faut se distinguer du totalitarisme régional. Bref, Doha, c'était donc au forceps, mais c'était ça. Or aujourd'hui, et alors que la campagne électorale se déroulait de manière remarquablement lisse - voire sereine -, la libération des quatre généraux détenus à Roumieh depuis plus de trois ans est venue jeter un pavé dans la mare de chaque candidat aux législatives. Le vase politico-libanais était certes plein et le 7 mai 2008 a prouvé que la tension finissait, inexorablement, par s'exprimer dans la violence. Doha a permis de désamorcer ce trop-plein de bouillonnement, et les responsables réunis au Qatar pensaient peut-être, à l'époque, avoir assez travaillé pour garantir un calme relatif du moins jusqu'aux rendez-vous des urnes. Mais c'était, sans doute, sans compter la libération des désormais célèbres « quatre généraux », qui, il faut l'espérer, ne sera pas la goutte de trop, celle capable à elle seule de faire déborder le vase.
Il suffit de tellement peu pour que l'on se noie. Une micro-goutte d'eau et ça y est, tout le monde patauge. L'enjeu aujourd'hui et jusqu'au soir du 7 juin, c'est le scrutin législatif. D'ici là, et quel que soit le séisme politico-juridico-social qui risque de secouer le pays, le tout est de rester concentré. Viscéralement concentré. Pour ne pas perdre de vue l'objectif principal.L'ancien président français François Mitterrand affirmait un jour à un grand patron, ingénieur de profession, que si certains usaient d'une ligne droite pour rallier un point à un autre, il n'en était pas ainsi pour lui. Pour aller d'un point A à un point B, Mitterrand affirmait sans détour qu'il n'hésitait pas à emprunter tous les...
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