Dans une conférence de presse, M. Le Roy a souligné que « des progrès ont été effectués concernant le marquage de la ligne bleue, et ce grâce aux réunions tripartites qui ont lieu à Naqoura entre des officiers libanais, israéliens et des Casques bleus ». Hier, le responsable onusien a rendu visite hier à plusieurs personnalités, notamment le chef de l'État, Michel Sleiman, et le Premier ministre, Fouad Siniora.
M. Le Roy a ensuite effectué une tournée au Liban-Sud au cours de laquelle il s'est rendu au nord de Ghajar, toujours occupé par l'armée israélienne. Il s'est également entretenu à Naqoura avec le commandant en chef de la Finul, le général Claudio Graziano, avant d'effectuer une visite de terrain à la position de Labbouné, sur la ligne bleue, exactement au point UN-31 tenu par le contingent italien.
Il n'y avait pas seulement des Casques bleus italiens à Labbouné, mais aussi des soldats appartenant à plusieurs des 29 autres contingents stationnés au Liban-Sud, notamment des Espagnols, des Français, des Malaisiens et des Chinois. Ces derniers ont procédé à des démonstrations de déminage.
Alain Le Roy, qui est ingénier et avait effectué son service militaire au 19e régiment de génie de Besançon, a indiqué en voyant la démonstration de déminage qu'il s'était souvenu de son service militaire, l'époque où l'on utilisait encore des couteaux pour vérifier si le terrain était miné. Il a noté que comme par « le passé, même si les machines sont devenues plus sophistiquées, le déminage demeure une opération lente et méticuleuse ».
Durant la conférence de presse, le responsable onusien a affirmé que la Finul effectuait l'une des missions de paix les plus importantes de l'ONU, notamment en raison de la situation délicate dans la région, des défis à relever et du nombre des contingents. Il a précisé que l'objectif de sa visite est de s'assurer que la mission est en train de remplir son rôle concernant l'application de la résolution 1701.
M. Le Roy a souligné l'importance de la coopération entre la Finul et l'armée libanaise, notant que le mandat de la 1701 met l'accent sur le rôle de l'armée. Renforcer le rôle de l'armée libanaise est très important pour la région, a-t-il dit, rappelant qu'avant 2006, la troupe avait à peine accès au sud de Litani.
Sur un autre plan, le secrétaire général adjoint de l'ONU a affirmé avoir vu au cours de sa visite le début du marquage de la frontière entre le Liban et Israël. Les progrès sont notamment réalisés durant les réunions tripartites entre les officiers libanais, israéliens et de la Finul, a-t-il dit. Aujourd'hui, il devrait prendre part à l'une de ces réunions tripartites tenues régulièrement à Naqoura.
M. Le Roy a aussi mis l'accent sur les relations existant entre les Casques bleus et la population du Sud, rappelant que la Finul travaille d'une façon très proche avec les habitants et essaie d'assurer des fonds pour mettre en place des projets pouvant leur bénéficier.
Se penchant sur la situation à Ghajar, dont le nord est toujours occupé par l'armée israélienne, il a précisé qu'il discutera de la situation de la localité avec les autorités israéliennes lors de sa prochaine visite dans l'État hébreu et que ce dossier sera également traité au cours de la réunion tripartite de mercredi. « L'ONU œuvre pour que ce retrait ait lieu le plus rapidement possible », a-t-il dit.
En réponse à une question, le responsable onusien a souligné qu'il n'a pas vu lors de sa visite un mouvement particulier de troupes israéliennes présageant un éventuel retrait du nord de la localité.
Par ailleurs, Milos Strugar, conseiller politique de la Finul, a rappelé, dans un entretien avec L'Orient-Le Jour, que la ligne bleue n'est pas la frontière entre le Liban et Israël, mais la ligne de retrait de l'armée israélienne. Il a également souligné, concernant le marquage de la frontière, que les bornes visibles sur le terrain sont, à certains endroits, comme c'est le cas sur la colline de Labbouné, des tonneaux en métal peintes en bleu, couleur des missions de paix de l'ONU. Pour mettre ces bornes en place, il faut le concours de la Finul, et des armées libanaise et israélienne, qui prennent les mesures nécessaires.
Il a souligné que les problèmes auxquels font face les équipes du marquage de la frontière sont surtout d'ordre technique. Certains points situés dans les vallées sont difficilement accessibles ou encore minés. Il y a quelques mois, par exemple, un soldat de la Finul qui vérifiait le marquage de la ligne bleue s'est cassé une jambe en voulant atteindre un point de la frontière.
Alain Le Roy se rendra en Israël jeudi.

