Ô dépositaires sourcilleux d'un calendrier galvaudé, est-ce dans une comptabilité partisane que vous laissez sombrer l'odyssée de nos martyrs ? Passés à la trappe les compagnons de lutte, les compagnons-courage que le terrorisme rampant a heureusement épargné ? Où sont donc les constantes de nos rêves : Samir Frangié, Hussein el-Husseini, Misbah el-Ahdab, Élias Atallah, Ghattas Khoury, Farès Souhaid (ostracisé par les combattants automatisés d'idéologies théocratiques) et d'autres figures emblématiques de la révolution du Cèdre ; sans oublier Nassib Lahoud - volontairement non partant dans ce carnaval d'équivoques - dont la probité politique et l'intransigeante vision d'indépendance devraient servir d'exemple à une nouvelle génération fondatrice d'un Liban souverain, culturel, pluriel et convivial ? Le sursaut salvateur, ce sont aussi d'inlassables compagnons de route qui l'ont canalisé, protégé et mené à d'inestimables acquis. Nous avions espéré que cette révolution du peuple serait nationale et non l'apanage de partis et de « travestis » dont l'objectif s'est avéré d'étoffer davantage un clientélisme étriqué et un panurgisme aveugle. Aurait-on voulu démobiliser un électorat attaché à une cause que l'on n'aurait pas mieux réussi. Les Libanais savent bien d'où soufflent les siroccos de l'intolérance, du chantage et de la violence. Aussi, risquent-ils de censurer les présumés défenseurs de l'État de droit, poursuivant une humiliante comptabilité d'apothicaire. Devant tant d'inconstance, peut-on encore espérer, à l'approche d'un mortel changement de cap, un réveil salutaire matérialisé par un bloc réunifié porteur d'une même vision, sans nuisibles parasites ? Ne risquons-nous pas de perdre non seulement notre âme mais notre ancrage dans cet État que nous rêvions de droit ? Ce ne serait pas seulement des citoyens de foi ou des incorrigibles idéalistes qui ne pardonneront pas, mais l'histoire elle-même. Prenons garde ! Le risque d'aboutir à un vicieux et déstabilisant projet politique aux antipodes de notre culture, nos aspirations et notre identité est bien réel. Si, comme l'affirme Montesquieu, « le principe qui fonde la démocratie est la vertu », le Liban est encore loin d'être sur la bonne voie.
Ô dépositaires sourcilleux d'un calendrier galvaudé, est-ce dans une comptabilité partisane que vous laissez sombrer l'odyssée de nos martyrs ? Passés à la trappe les compagnons de lutte, les compagnons-courage que le terrorisme rampant a heureusement épargné ? Où sont donc les constantes de nos rêves : Samir Frangié, Hussein el-Husseini, Misbah el-Ahdab, Élias Atallah, Ghattas Khoury, Farès Souhaid (ostracisé par les combattants automatisés d'idéologies théocratiques) et d'autres figures emblématiques de la révolution du Cèdre ; sans oublier Nassib Lahoud - volontairement non partant dans ce carnaval d'équivoques - dont la probité politique et l'intransigeante...
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