Le chef du PSP s'exprimait à l'issue d'un entretien à Koraytem avec Saad Hariri, chef du Courant du futur, qu'il est venu voir au lendemain de la décision du Tribunal spécial pour le Liban d'ordonner la relaxe des quatre officiers détenus dans le cadre de l'affaire Rafic Hariri.
« Nous avons pris l'habitude, dans les jours difficiles, de venir ici, à cette maison, pour dire au maître des lieux, à Rafic Hariri comme à Saad Hariri, que nous sommes à ses côtés pour le meilleur et pour le pire », a commencé par dire M. Joumblatt.
« Hier, Saad Hariri a entériné la décision du tribunal dont nous avions nous-mêmes réclamé la création, et nous l'entérinons à ses côtés », a-t-il ajouté.
« La décision annoncée hier est judiciaire, bien sûr. Mais le crime était-il ordinaire ? Non. C'était un crime politique par excellence. Ils étaient entrés (au Liban) sur le cadavre de Kamal Joumblatt et ils sont sortis sur celui de Rafic Hariri. Mais ils (les Syriens) ne reviendront (au Liban) en aucune façon. Nous ne l'oublierons jamais. Nous poursuivrons notre combat politique, nous ferons face plus que jamais au défi qui nous est imposé. Et le plus important que nous pouvons faire pour assurer le triomphe de la justice, c'est d'aller unis aux élections, et nous les remporterons, a-t-il lancé.
« Nous avons vu hier le spectacle odieux des symboles de la tutelle syrienne. Nous avons vu comment ils sont soudain sortis de leur silence et nous ont rappelé les jours de la servitude. Que veulent-ils donc ? Que Adnane Addoum revienne au ministère de la Justice ? Que l'un d'eux soit ministre de l'Intérieur ? Nous ne le permettrons pas. Ils ne passeront pas », a assuré M. Joumblatt.
« Pourquoi donc cette attaque ciblée sur la justice et sur les plus honorables des magistrats ? Pourquoi cette offensive sur le service des renseignements des FSI, un service qui démantèle des réseaux israéliens ? Que signifie cela ? Est-ce le prélude à une nouvelle vague d'assassinats, pour dire que la sécurité est inexistante dans le pays ? Cette question, nous sommes en droit de la poser », a-t-il souligné.
« Il est préférable pour eux d'accepter les décisions du tribunal comme nous les acceptons. Qu'ils se taisent donc et que le régime défunt ne nous revienne pas de ses nids. Mais s'ils veulent en sortir, nous leur souhaiterons la bienvenue. Nous sommes prêts pour la bataille politique », a-t-il dit.
« Grâce à Dieu, la bataille a pris toute sa portée aujourd'hui. Nous sommes sortis du sectarisme recroquevillé. Nous ferons face au défi et nous préparerons les élections dans chaque recoin du Liban. Nous vaincrons pour la justice, pour Rafic Hariri, pour les martyrs qui l'ont accompagné et pour tous les martyrs de la souveraineté, de la liberté et de l'indépendance », a encore dit le chef du PSP.
« Nous n'avons jamais cessé d'accuser l'ex-régime policier libano-syrien du crime et nous ne cesserons jamais de le faire. Le tribunal a décrété que ces quatre-là n'ont, pour le moment, rien à voir avec l'attentat. Mais nous n'abandonnerons pas notre dénonciation politique. Nous acceptons la décision du tribunal, mais notre combat est à la base d'ordre politique. Rafic Hariri et les autres ne sont pas morts dans un accident de la route. Je le répète tout haut : ils sont entrés sur le cadavre de Kamal Joumblatt et ils sont sortis sur celui de Rafic Hariri », a-t-il insisté.
Pour lui, il y a « deux sortes de justice : la justice judiciaire, dont il faut attendre les résultats avec patience, et la justice politique, qui a déjà été faite avec l'appel du patriarche Sfeir et le sang de Rafic Hariri. Ils sont partis et ils ne reviendront plus jamais ».
Enfin, M. Joumblatt a « rejeté en bloc » les propos tenus la semaine dernière par le député Mohammad Raad, qui avaient filtré dans la presse avant d'être retirés par le Hezbollah, et selon qui « le temps est venu d'en finir avec ce pouvoir ».
« La bataille est longue et très dure. Mais c'est une bataille politique et nous la remporterons », a-t-il conclu.
En soirée, M. Joumblatt a rendu visite au leader d'Amal et chef du Législatif, Nabih Berry. À l'issue de l'entretien, le leader du PSP a mis l'accent sur le caractère politique, et non confessionnel, du conflit. Il a souligné dans ce cadre l'importance du dialogue pour surmonter les contentieux en suspens.

