Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Reportage

La mort d’une fillette ravive la psychose à Mexico

La mort d'une fillette malade n'est d'habitude qu'un triste fait divers. Sauf à Mexico ces jours-ci, où la nouvelle a plongé dans la tourmente un quartier populaire, signe de la psychose déclenchée par la grippe porcine. Avant son décès, Maria Fernanda (4 ans) souffrait de fièvre et de douleurs musculaires. Les symptômes ont aussitôt effrayé le voisinage.
« Nous craignons tous qu'elle ne soit morte de la grippe porcine. Personne ne nous a donné d'informations. Nous ne savons pas quoi faire », affirme, désemparé, Claudio Liat, un voisin, lui-même père d'une petite fille. Une quarantaine de familles habitent avec lui l'immeuble où les parents de Maria Fernanda officiaient comme concierges. Dans l'incertitude, un des habitants a troqué son masque en papier de chirurgien contre un masque à gaz. « Tout le monde ici a peur de la contagion maintenant », lance une marchande de tortillas, en actionnant sa machine d'un geste rageur.
Pourtant, tout semble indiquer que la fillette, décédée mercredi, n'était même pas atteinte de la grippe porcine, mais d'une infection contractée après une fracture du fémur. Au cours des cinq jours précédant sa mort, ses parents l'ont présentée à deux centres de santé différents. Les médecins n'ont pas gardé l'enfant, se contentant de lui plâtrer la jambe et prescrire quelques gouttes de paracétamol. « Les docteurs sont tellement obsédés par la grippe porcine qu'ils négligent les autres malades. Voilà le vrai scandale », s'exclame sa mère, Maria de la Cruz Meza, en brandissant les ordonnances. « Ma fille est morte la nuit dans mes bras. Les voisins n'osaient même pas s'approcher car ils ne pensaient qu'à l'épidémie », raconte-t-elle, la voix entrecoupée par l'émotion, alors qu'elle revient en bus de l'enterrement.
Mais ces protestations ne trouvent guère d'écho auprès de ses voisins, autant irrités qu'apeurés par l'afflux soudain de journalistes et de caméras de télévision. « Fichez le camp ! » s'exclame une voix qui s'échappe d'une des fenêtres. « Pour moi, ce sont les parents les responsables. Si leur fille avait la grippe porcine, ils ont tardé à réagir », assure Alejandro Romero, un dessinateur graphique dont la famille se gave de vitamines, un « moyen sûr de ne pas attraper la grippe », selon lui. Un autre voisin, à peine mieux intentionné, reproche aux concierges d'avoir donné des antiviraux à leur fille, ce qui a « faussé le diagnostic de la maladie et trompé les médecins ».
Les quelques habitants convaincus que le décès de la fillette n'a rien à voir avec la grippe ont, eux, décidé de se cotiser pour apporter un soutien économique à la famille meurtrie.

Philippe ZYGEL (AFP)
La mort d'une fillette malade n'est d'habitude qu'un triste fait divers. Sauf à Mexico ces jours-ci, où la nouvelle a plongé dans la tourmente un quartier populaire, signe de la psychose déclenchée par la grippe porcine. Avant son décès, Maria Fernanda (4 ans) souffrait de fièvre et de douleurs musculaires. Les symptômes ont aussitôt effrayé le voisinage.« Nous craignons tous qu'elle ne soit morte de la grippe porcine. Personne ne nous a donné d'informations. Nous ne savons pas quoi faire », affirme, désemparé, Claudio Liat, un voisin, lui-même père d'une petite fille. Une quarantaine de familles habitent avec lui l'immeuble où les parents de Maria Fernanda officiaient comme concierges. Dans...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut