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Liban

Une « cité médiatique » verra le jour au Kesrouan, à l’initiative de Télé-Lumière

Le groupe gérant les télévisions Télé-Lumière et NourSat lance une « cité médiatique » dans le Kesrouan, un ambitieux projet de 150 millions de dollars. Une session spéciale de l'Assemblée des patriarches catholiques d'Orient s'est tenue pour réglementer les rapports entre la hiérarchie
ecclésiastique et ce groupe radical de laïcs engagés.
À l'initiative du groupe Télé-Lumière et de son pendant satellitaire NourSat, une « cité médiatique » verra le jour dans la région de Fatka (Kesrouan) qui accueillera les deux grands médias audiovisuels de l'Église, une radio, une revue ainsi que des sites d'information sur Internet.
Le site de ce nouveau complexe, qui s'étale sur 25 000 mètres carrés, a été donné par l'Église maronite, et la première pierre du complexe posée par le patriarche maronite en septembre 2008. Le coût premier du projet a été évalué à 150 millions de dollars.
C'est notamment pour parler de ce projet et établir un accord-cadre de coopération entre la hiérarchie catholique au Liban et le groupe Télé-Lumière/NourSat qu'une session spéciale de l'Assemblée des patriarches catholiques d'Orient vient de se tenir à Bkerké (27-28 avril). Présidée par le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, la réunion s'est tenue en présence de trois autres patriarches, Grégoire III des grecs-catholiques, Nercès Bedros, des Arméniens, Ignace Youssef III des syriaques, des évêques et supérieurs et supérieures généraux des communautés catholiques au Liban, ainsi que des membres du conseil d'administration de Télé-Lumière et NourSat.
Nées dans les années 90 à l'initiative d'un groupe de fidèles laïcs engagés au service de l'Église, Télé-Lumière et NourSat ne sont pas des télévisions comme les autres. Et pour commencer, elles ne sont pas commerciales, fonctionnent sur un budget dérisoire, et la moitié de leur personnel est bénévole, y compris les membres du conseil d'administration.
Avec l'audience grandissante des deux télévisions et le projet de cité médiatique d'Adma, il était impératif de réglementer les rapports entre ce groupe et la hiérarchie. Une réglementation qui implique des accords sur le fond et la forme des émissions diffusées, au service de l'Évangile et de la « nouvelle évangélisation », en général, mais aussi de la paix et de l'enracinement des Libanais et des chrétiens orientaux dans leurs pays. Au service enfin des valeurs familiales et sociales aux antipodes du relativisme éthique qui domine le paysage médiatique.
La session qui vient de se tenir était trop courte pour atteindre cette fin et un nouveau rendez-vous a été pris pour travailler l'accord-cadre.Une commission comprenant des laïcs et des religieux a été nommée à cette fin. Elle compte trois évêques, NN.SS. Mansour Hobeika, Roland Aboujadoué et Georges Bacouni, et un laïc, M. Antoine Saad, secrétaire général du conseil d'administration de Télé-Lumière.
Pour ce dernier, la création de Télé-Lumière, à la Pentecôte de 1990, la naissance de NourSat, deux ans plus tard, et le lancement aujourd'hui de l'ambitieux projet de la « cité médiatique » sont autant de manifestations de cette « folie de Dieu » qui, selon saint Paul, est « plus sage que la sagesse des hommes »
La session n'a pas été stérile pour autant, puisque Télé-Lumière et NourSat ont reçu de nouveaux signes d'appui de la part de l'Église catholique au Liban.
Ainsi, la hiérarchie va réclamer que Télé-Lumière soit dédommagée par l'État, au même titre que d'autres télévisions, pour les dégâts infligés à certains de ses relais durant la guerre de juillet 2006.
Par ailleurs, l'Église va s'efforcer d'imaginer et de promouvoir des moyens pour appuyer l'édification de la cité médiatique aussi bien au Liban qu'à l'étranger, pas le biais des diocèses des Église catholiques orientales dans les pays d'émigration.
L'Église va également encourager les diocèses, ordres religieux et laïcs d'acheter des actions de NourSat (10 000 USD l'action), ou d'investir dans l'achat ou la location de bureaux dans la nouvelle cité médiatique.
À ceux qui le souhaitent, il est possible de souscrire à des bons d'emprunt dotés de garanties bancaires pour financer la cité projetée.
Par ailleurs, les écoles et universités catholiques vont encourager leurs élèves et étudiants à contribuer à ce financement par le biais d'une campagne « Un dollar par pierre ». Les bibliothèques scolaires et universitaires seront d'autre part encouragées à acheter des films produits par Télé-Lumière.
Sur le plan législatif, une campagne sera lancée afin de doter Télé-Lumière et NourSat de statuts légaux, car seuls en disposent au Liban, pour le moment, les télévisions politiques et commerciales. Exception à la règle, Télé-Lumière dispose de la « bienveillance » des autorités publiques, au même titre que d'autres médias religieux musulmans.

Six millions de dollars par an
Avec un budget de fonctionnement dérisoire de 6 millions de dollars par an, Télé-Lumière est une gageure qui dure depuis 1990, année de sa création. La moitié environ de ses 120 employés est formée de bénévoles, y compris les membres du conseil d'administration. En comparaison, la plus petite télévision libanaise, Télé-Liban, qui est un office étatique, fonctionne sur un budget de 26 millions de dollars, la plus grande, la LBCI, disposant d'un budget de 60 millions de dollars. Toujours à titre comparatif, la mégatélévision al-Jazira fonctionne avec un budget annuel de 140 millions de dollars ! Pourtant, grâce à l'esprit de sacrifice de ses fondateurs et aux dons qui lui parviennent, NourSat couvre désormais les trois quarts du globe terrestre. 
À l'initiative du groupe Télé-Lumière et de son pendant satellitaire NourSat, une « cité médiatique » verra le jour dans la région de Fatka (Kesrouan) qui accueillera les deux grands médias audiovisuels de l'Église, une radio, une revue ainsi que des sites d'information sur Internet. Le site de ce nouveau complexe, qui s'étale sur 25 000 mètres carrés, a été donné par l'Église maronite, et la première pierre du complexe posée par le patriarche maronite en septembre 2008. Le coût premier du projet a été évalué à 150 millions de dollars. C'est notamment pour parler de ce projet et établir un accord-cadre de coopération entre la...
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