« Nous avons activé le plan d'urgence déjà établi en 2005 avec l'émergence de l'épidémie de la grippe aviaire, ainsi que les moyens de contenir la maladie si elle se propageait », a-t-il ainsi expliqué au cours d'une conférence de presse organisée au ministère, en présence notamment du directeur général du ministère, Walid Ammar, et du représentant de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) au Liban, Hussein Abou Zeid.
Rappelant que la grippe porcine est une maladie respiratoire aiguë du porc hautement contagieuse, le Dr Khalifé a précisé qu'il s'agit d'une maladie « curable, si elle est détectée à ses débuts et soignée rapidement et efficacement ». Et d'insister : « La présence de porcs ou de fermes de porcs ne signifie pas pour autant que la maladie existe. »
Prévenir la maladie est facile, a encore assuré le Dr Khalifé, mettant toutefois l'accent sur « l'expansion rapide » du virus. « Les mesures de prévention sont donc différentes, a-t-il poursuivi, d'où l'importance de la vigilance et des possibilités de réagir rapidement à la situation. Il ne sert à rien de semer la panique dans le pays. »
En ce qui concerne les mesures de prévention, elles présentent des menaces à l'une des traditions les plus ancrées dans le pays, à savoir les embrassades de bienvenue. En effet, le Dr Khalifé a souligné dans ce cadre qu'il s'agit essentiellement de suivre les recommandations publiées par l'OMS en ce sens. Mais il a aussi fait appel au bon sens du citoyen l'invitant à appliquer « les règles les plus élémentaires en matière de santé publique, que tout un chacun s'impose d'ailleurs lorsqu'il est atteint d'influenza, comme le fait d'interdire aux enfants grippés d'aller à l'école ou encore de se donner l'accolade en guise de bonjour ». « Lorsque vous rendez visite à quelqu'un, renoncez, je vous prie, aux embrassades (...). Mettons un terme à la tradition sociale du baiser », a-t-il dit.
Conseillant aux gens de ne pas effectuer de voyages dans des pays où la maladie a été signalée, le Dr Khalifé a invité les ouvriers qui travaillent dans les fermes de porcs à porter des masques et des gants « pour se protéger de maladies encore plus graves que la grippe porcine et que l'homme contracte à partir d'animaux infectés ».
Le ministre de la Santé s'est déclaré en outre certain que l'épidémie peut être contenue dans chaque pays. Il a appelé les hôpitaux à appliquer les règles en vigueur, notamment en levant le niveau d'alerte et en assurant le médicament (oseltamivir), sachant que « le ministère dispose d'un stock national ».
Enfin, le Dr Khalifé a affirmé que les ministères de la Santé et de l'Agriculture collaborent étroitement et qu'ils ont déjà pris les mesures nécessaires, rappelant dans ce cadre que le virus ne se transmet pas par les aliments, mais dans l'air.
Interrogé sur d'éventuelles précautions à l'aéroport, il a expliqué que l'OMS a précisé que « de telles mesures ont peu d'effet en raison des progrès déjà réalisés par le virus ».
Par ailleurs, le département de la recherche scientifique au ministère de l'Agriculture a confirmé dans un communiqué que le virus ne se transmet pas par les aliments, mais dans l'air, d'homme à homme. Rappelant qu'il a interdit l'importation de porcs vivants et de viande de porc fraîche, il a affirmé que les fermes de porcs au Liban ne recèlent pas de virus et que les ouvriers sont en bonne santé.

