La nouvelle administration américaine, rompant avec l'intransigeance de l'ancien président George W. Bush, est favorable à des négociations sur le programme iranien d'enrichissement d'uranium. Cette nouvelle approche prônée par le président Barack Obama a été accueillie avec scepticisme dans l'État hébreu, qui considère comme une menace mortelle un Iran doté de l'arme atomique, même si Téhéran assure que son programme est purement civil. L'arrivée au pouvoir en Israël d'un gouvernement très marqué à droite dirigé par Benjamin Netanyahu, avec comme chef de la diplomatie l'ultranationaliste Avigdor Lieberman, a renforcé les craintes d'une attaque préventive israélienne contre les installations nucléaires iraniennes.
« Toutes ces discussions sur une possible attaque israélienne contre l'Iran ne reposent sur rien. La solution en Iran n'est pas militaire », a ainsi dit M. Peres en recevant l'émissaire américain au Proche-Orient, George Mitchell. La fonction présidentielle en Israël est largement protocolaire, mais les propos du chef de l'État ne passent jamais inaperçus. « Cette question du nucléaire iranien requiert une large coopération internationale. Il est de l'intérêt de tous qu'on sache par le dialogue si on peut faire quelque chose avec l'Iran », a ajouté M. Peres. Selon un communiqué de la présidence israélienne, M. Mitchell a rappelé à M. Peres « l'engagement des Américains à assurer la sécurité d'Israël (...) ».
Le chef de l'État hébreu avait pourtant déclaré la semaine dernière à la radio israélienne Kol Hai qu'Israël répondrait par la force si le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, refusait d'assouplir sa position sur la poursuite du programme d'enrichissement de l'uranium. « Nous le frapperons », avait-il lancé. Téhéran a demandé mardi dernier aux Nations unies de réagir fermement face aux « menaces illégales et insolentes » d'Israël. Dans une lettre au représentant permanent du Mexique à l'ONU, Claude Heller, le représentant de l'Iran, Mohammad Khazaee, a accusé Israël de violer la Charte des Nations unies et demandé aux Nations unies de réagir. Le Mexique assure actuellement la présidence tournante du Conseil de sécurité.
La revue Atlantic rapportait le mois dernier, en citant un collaborateur de M. Netanyahu, que le gouvernement israélien n'excluait pas une option militaire contre les Iraniens. M. Ahmadinejad, qui a dit dans le passé qu'Israël devrait être « rayé de la carte » et a mis en cause la réalité de la Shoah, s'est déclaré déterminé à poursuivre le programme nucléaire de Téhéran. L'Iran a toutefois récemment affirmé qu'il accepterait un « dialogue constructif » sur ce programme avec les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, plus l'Allemagne. Le Conseil de sécurité a déjà adopté cinq résolutions réclamant l'arrêt du programme iranien d'enrichissement de l'uranium, dont trois imposant des sanctions à Téhéran.

