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Nos lecteurs ont la parole

Jeudi saint révélateur

G. Sérof
Le Liban, du moins celui que l'on connaît, réduit à sa partie civilisée, comprendre un territoire englobant Beyrouth entouré de sa banlieue dont les limites sont au Nord Jbeil/Batroun, à l'Est le versant maritime du Mont-Liban et au Sud, péniblement, Daouha/Damour, vit pendant la (les) semaine(s) sainte(s) une fièvre particulière. Religieuse, bien sûr, au voisinage  des églises, mais autrement, économique partout ailleurs. Les jours fériés sont les jours fériés. On achète beaucoup, et pour ce faire, on se déplace beaucoup. Pas à pied ni en transports en commun évidemment, mais en voiture particulière. Le plus étonnant dans cet épiphénomène d'urbanisme, c'est que tout le monde se  plaint des embouteillages, tout le monde les vit d'une manière cauchemardesque, les subit avec fatalité, mais refuse de voir qu'il  porte  en lui le risque  d'embolie qui à terme tuera la ville.
Pourtant, il est clair qu'un système circulatoire formé de veines et d'artères que sont les rues, contenant un fluide que sont les voitures,  ne peut fonctionner d'une manière saine que si l'un demeure adéquat en structure et dimension, et l'autre limité en nature et quantité. N'importe quel ingénieur hydraulique vous l'expliquera. Comment faire ? Nabil, un potache ordinaire, élève d'une école primaire ordinaire d'aujourd'hui, vous en donnera la réponse immédiatement : « Si on doit augmenter le nombre de personnes à déplacer (une ville croit toujours) sans augmenter le nombre de particules en déplacement, il faudrait installer  dans chacune d'elles un plus grand nombre de  personnes. - Bravo. Nabil : 10. » L'instituteur s'est bien gardé de lui dire que cela s'appelle transport collectif, le père de Nabil, dont la mentalité est probablement déjà bien sclérosée malgré son jeune âge, n'y comprendrait rien et irait presque jusqu'à  lui faire changer d'école. Sait-on jamais ?...
Le Liban, comme Nabil, a été classé meilleur élève parmi les pays du monde entier, lesquels tous, excepté lui, continuent de sombrer dans la récession. Bravo, Riad : 10. Mais c'est en matière d'urbanisme qu'il se classe dernier. Des rumeurs courent que nos édiles municipaux ont décidé de considérer la construction de nouveaux parkings dans Beyrouth comme la priorité des priorités. Ils préconisent d'arracher tous les arbres, dernières bronchioles des espaces verts de la ville, des jardins publics de Sanayeh et de Saïfi pour les convertir en parking. Comme si Beyrouth n'était pas suffisamment minéralisé comme ça par des lois qui n'ont pas cessé de densifier l'espace urbain. On croit rêver !
 Google Earth, connu de tous, système universel et précis de vision par satellite de la moindre parcelle sur la surface de la Terre, montre clairement l'emprise de la voiture sur Beyrouth : effrayante !

G. Sérof
Le Liban, du moins celui que l'on connaît, réduit à sa partie civilisée, comprendre un territoire englobant Beyrouth entouré de sa banlieue dont les limites sont au Nord Jbeil/Batroun, à l'Est le versant maritime du Mont-Liban et au Sud, péniblement, Daouha/Damour, vit pendant la (les) semaine(s) sainte(s) une fièvre particulière. Religieuse, bien sûr, au voisinage  des églises, mais autrement, économique partout ailleurs. Les jours fériés sont les jours fériés. On achète beaucoup, et pour ce faire, on se déplace beaucoup. Pas à pied ni en transports en commun évidemment, mais en voiture particulière. Le plus étonnant dans cet épiphénomène d'urbanisme, c'est que...
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