Pourtant, il est clair qu'un système circulatoire formé de veines et d'artères que sont les rues, contenant un fluide que sont les voitures, ne peut fonctionner d'une manière saine que si l'un demeure adéquat en structure et dimension, et l'autre limité en nature et quantité. N'importe quel ingénieur hydraulique vous l'expliquera. Comment faire ? Nabil, un potache ordinaire, élève d'une école primaire ordinaire d'aujourd'hui, vous en donnera la réponse immédiatement : « Si on doit augmenter le nombre de personnes à déplacer (une ville croit toujours) sans augmenter le nombre de particules en déplacement, il faudrait installer dans chacune d'elles un plus grand nombre de personnes. - Bravo. Nabil : 10. » L'instituteur s'est bien gardé de lui dire que cela s'appelle transport collectif, le père de Nabil, dont la mentalité est probablement déjà bien sclérosée malgré son jeune âge, n'y comprendrait rien et irait presque jusqu'à lui faire changer d'école. Sait-on jamais ?...
Le Liban, comme Nabil, a été classé meilleur élève parmi les pays du monde entier, lesquels tous, excepté lui, continuent de sombrer dans la récession. Bravo, Riad : 10. Mais c'est en matière d'urbanisme qu'il se classe dernier. Des rumeurs courent que nos édiles municipaux ont décidé de considérer la construction de nouveaux parkings dans Beyrouth comme la priorité des priorités. Ils préconisent d'arracher tous les arbres, dernières bronchioles des espaces verts de la ville, des jardins publics de Sanayeh et de Saïfi pour les convertir en parking. Comme si Beyrouth n'était pas suffisamment minéralisé comme ça par des lois qui n'ont pas cessé de densifier l'espace urbain. On croit rêver !
Google Earth, connu de tous, système universel et précis de vision par satellite de la moindre parcelle sur la surface de la Terre, montre clairement l'emprise de la voiture sur Beyrouth : effrayante !
G. Sérof

