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Nos lecteurs ont la parole

Subir, jusqu’à quand ?

Par Maurice ABSI
À qui se plaindre, à qui s'adresser pour faire parvenir les doléances des habitants de Gemmayzé et de la rue du Liban qu'on ne cesse de martyriser.
Mentionnons d'abord la floraison de bars très bruyants jusqu'à une heure avancée de la nuit et de restaurants auxquels on a accordé des permis d'exploitation dans le quartier de Gemmayzé, et de la rue du Liban avec une légèreté, une insouciance et une imprévoyance déconcertantes. Le résultat en a été une violation pure et simple de ce quartier et de la rue du Liban, réputés jadis pour leur calme et leur quiétude et où résident des habitants d'un âge avancé qui n'aspirent qu'au repos.
Cette floraison de bars et de restaurants a provoqué une circulation intense, avec un flot de voitures des clients des bars et restaurants, laquelle circulation atteint son paroxysme les soirs du vendredi et du samedi de chaque semaine à tel point qu'un habitant du quartier qui utilise sa voiture pour aller veiller ailleurs risque de ne plus trouver un endroit pour la garer à la fin de sa soirée, ce qui va l'astreindre à trouver un hôtel bon marché pour y passer la nuit, à moins d'avoir un parking privé dans son immeuble.
Cette circulation intense dans le quartier de Gemmayzé et ses environs a créé, même en cours de semaine, un problème quasi insoluble pour les voitures à cause de la disparition progressive des espaces utilisés comme parkings payants en raison de leur acquisition à prix d'or par les promoteurs immobiliers pour y construire des immeubles de luxe, après avoir obtenu des permis accordés très facilement et sans entrevoir le problème qui en résultait pour le stationnement des voitures. On aurait pu envisager l'expropriation de certaines de ces parcelles pour y construire des parkings payants en sous-sol et en élévation, permettant ainsi d'éviter le problème en question.
Le plus étonnant c'est qu'au lieu de chercher à réduire l'acuité de ce problème, on l'a encore aggravé en entreprenant ce qui suit :
- On a empêché les voitures d'utiliser les trottoirs comme lieu de stationnement en y fixant des pieux des deux côtés de la route, au lieu de se contenter d'en fixer sur un des deux côtés du trottoir seulement.
- On a entrepris des travaux d'agrandissement du jardin de Tabaris en empiétant sur la chaussée qui entoure ce jardin, ce qui réduit l'espace de cette chaussée, rendant impossible d'y trouver un lieu de stationnement non seulement par des voitures privées mais également par des taxis qui se garaient là en attente de clients pour lesquels ils étaient une solution de secours à laquelle ils pouvaient recourir en cas d'urgence.
- On a élargi les trottoirs de l'avenue Charles Malek, ce qui a entraîné la suppression d'un nombre de parkings payant que les habitants du quartier de la rue du Liban utilisaient comme ultime recours pour y garer leurs voitures.
Mais la liste des contraintes qu'on a fait subir aux habitants de Gemmayzé et de la rue du Liban ne s'arrête pas là. Le vendredi 12, le samedi 13 et le dimanche 14 mars 2009 jusqu'à 1 heure du matin a eu lieu d'une occupation totale de la rue du Liban dans sa partie allant de la place Tabaris jusqu'à la rue du Fleuve par de gros camions, des élévateurs de gros projecteurs allumés jour et nuit, un écran installé au milieu de la route, éclairé par un projecteur et élevé à hauteur des balcons des troisièmes étages des immeubles bordant la route. Les conséquences subies par les habitants et commerçants ont été les suivantes :
- On a donné ordre aux propriétaires des voitures garées dans cette rue de les déplacer. Les protestataires qui se plaignaient de ne pas pourvoir des places de remplacement étaient placés devant l'alternative suivante : s'exécuter ou retrouver leurs voitures dans la fourrière.
- Les magasins ne pouvaient plus s'approvisionner en marchandises, ni même recevoir des clients.
- La boutique du coin a été obligée de ranger son étalage à l'intérieur de son local.
- Les bars et restaurants pour lesquels les soirées du vendredi et du samedi sont les plus lucratives n'ont pas reçu de clients.
- Le matériel utilisé dans cette opération a été déchargé à grand bruit à 5 heures du matin le vendredi 12 et rechargé pour le départ à partir de minuit et demi le dimanche 14 sans aucun égard pour le sommeil des occupants du quartier.
- Le plus grave c'était les émanations d'une odeur désagréable par les moteurs utilisés pour l'éclairage et provoquant à la longue une nausée chez les personnes âgées qui ont été forcées de se cloîtrer pour l'éviter.
Il est à se demander comment on a pu autoriser une pareille occupation sans se soucier de la perturbation profonde dans la vie des habitants de la rue du Liban, et cela durant trois jours pleins et au seul profit d'une entreprise de publicité.
Il est à se demander aussi pourquoi c'est toujours dans le quartier de Gemmayzé et ses environs que se pratiquent de telles atteintes à la tranquillité à laquelle les habitants de ce quartier aspirent dans leur vie de tous les jours. La réponse se trouve dans la réaction des habitants qui a été plutôt timide, avec quelques soubresauts de temps à autre. Alors on en use et on en abuse.
Ce qui est à déplorer, c'est que cette situation n'intéresse ni la presse, qui ne s'occupe que de politique, ni la télévision, qui consacre une bonne partie de la matinée et une ou deux soirées par semaine à des talk-shows pour entendre comment ceux qui y participent lisent ou interprètent les faits et événements survenus en politique, alors qu'à la télévision il y a des jeunes personnes dynamiques et capables qu'elle pourrait charger de faire des enquêtes sur les problèmes qu'affronte la population au quotidien, jetant ainsi un éclairage sur cette question et insistant sur la passivité des gouvernants à s'en occuper et rendant ainsi service à la société.
Quant aux politiciens qui invitent ardemment la population à aller voter le 7 juin, ils ne font aucune allusion dans leurs programmes aux solutions qu'ils se proposent d'apporter aux problèmes qu'affrontent les citoyens dans leur vie de tous les jours.
Il reste toutefois à espérer que la description de la situation déplorable dans laquelle vivent les habitants de Gemmayzé et ses environs puisse provoquer une prise de conscience chez tous ceux qui peuvent contribuer à la recherche des solutions.
À qui se plaindre, à qui s'adresser pour faire parvenir les doléances des habitants de Gemmayzé et de la rue du Liban qu'on ne cesse de martyriser.Mentionnons d'abord la floraison de bars très bruyants jusqu'à une heure avancée de la nuit et de restaurants auxquels on a accordé des permis d'exploitation dans le quartier de Gemmayzé, et de la rue du Liban avec une légèreté, une insouciance et une imprévoyance déconcertantes. Le résultat en a été une violation pure et simple de ce quartier et de la rue du Liban, réputés jadis pour leur calme et leur quiétude et où résident des habitants d'un âge avancé qui n'aspirent qu'au repos.Cette floraison de bars et de restaurants a...
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