Parallèlement, le Foreign Press Center à Washington avait organisé une table ronde portant sur la situation au Liban, animée par le sous-secrétaire adjoint à la Défense pour le Proche-Orient, Colin Kahl, et le sous-secrétaire d'État adjoint pour le Proche-Orient, David Hale. Les deux responsables ont tenu à souligner la priorité commune à leurs départements respectifs, à savoir l'indépendance, la souveraineté et l'intégrité du Liban, « car, a dit David Hale, un Liban libre, démocratique, sécurisé et économiquement prospère peut contribuer à la stabilité et à la sécurité des pays voisins. Nous voulons atteindre ce but non pas en appuyant des factions ou des individus, mais les institutions libanaises ; la présidence, le système judiciaire, le Tribunal international (pour que justice soit rendue), le secteur économique et bien sûr l'armée qui est une institution-clé qui a prouvé son efficacité à Nahr el-Bared. Et, tous les Libanais souhaitent la voir sur tout leur territoire ».
Les USA, selon M. Hale, répondent aux besoins de l'armée libanaise dans son désir d'implanter la résolution 1701 et de combattre le terrorisme, et ils l'aident à se rebâtir de la base au sommet, « pour avoir été négligée dans un proche passé ; et cela prendra du temps et des efforts que nous nous engageons à entreprendre », a-t-il ajouté.
Prenant à son tour la parole, Colin Kahl, le sous-secrétaire à la Défense, a expliqué que la relation et le partenariat avec les forces armées libanaises sont en train d'être renforcés, avec pour preuve la récente visite du général Kahwagi. Répétant que les États-Unis tiennent à consolider les institutions libanaises et à aider le gouvernement à implanter la résolution 1791 et le désarmement des milices. Il a rappelé que le budget dédié à l'assistance militaire du Liban s'élevait à 410 millions de dollars. Dans l'immédiat, les USA vont procurer un matériel demandé par l'armée libanaise. Il s'agit notamment d'un avion de surveillance, « Cessna Caravan » qui sera délivré fin avril.
L'armée libanaise en a demandé deux autres. Fin mai, le Liban recevra douze « Raven », de petits engins aériens destinés à détecter les plates-formes de lancement de fusées et à surveiller les activités militaires. À la mi-mai arriveront 10 (des 66) tanks M-60 dont ont grandement besoin les forces armées libanaises. De même qu'une cargaison de mitraillettes « Howitzers M198 » et autres genres de fusils, des bateaux « Zodiac », des munitions et des pièces de rechange. Tout ceci, sans compter les nombreux programmes de formation et d'entraînement.
À la question de savoir s'il fallait désarmer de force le Hezbollah, la réponse a été que personne ne demande cela à l'armée et qu'une fois que cette dernière sera renforcée et qu'elle aura étendu son autorité sur tout le territoire, il n'y aura plus besoin de milices.
Par ailleurs, répondant à une autre question, David Hale a précisé que l'actuelle assistance à l'armée libanaise n'a rien à voir avec le déroulement des élections législatives. « C'est là juste un processus et un partenariat à long terme. Et nous n'anticipons pas un cycle de violence », a-t-il indiqué. Et Colin Kahl d'ajouter : « Notre politique est de ne pas interférer dans les élections. Pour nous, l'armée est nationale et professionnelle. »
L'objectif des États-Unis étant un Liban libre et souverain et l'implantation de la résolution 1701, sa relation avec le gouvernement à venir devra reposer sur cette constance, a-t-il ajouté.
Contrairement à la Grande-Bretagne, les USA continueront à ne pas avoir des relations avec le Hezbollah, toujours considéré comme un « groupe terroriste », a-t-il indiqué.
Les deux responsables ont réitéré l'intérêt et l'appui de la nouvelle administration, non seulement à l'armée, mais aussi à toutes les institutions du pays.
Feltman, secrétaire d'État adjoint titulaire
De son côté, la secrétaire d'État Hillary Clinton a déclaré hier après-midi, avant de rencontrer le ministre de la Défense Élias Murr, qu'il était « très important que les États-Unis se tiennent fermement aux côtés d'un Liban démocratique. Et nous soutenons les efforts que déploie le gouvernement libanais pour que les élections à venir se fassent librement et justement. Nous sommes également encouragés par les efforts qu'il fait pour s'en tenir aux obligations internationales et par les progrès qu'il effectue dans divers domaines dont je vais discuter avec le ministre de la Défense ».
Pour sa part, le ministre libanais a voulu remercier Mme Clinton du soutien US au Liban, à son gouvernement et à son armée. « Et j'espère - comme je l'ai entendu et je peux le confirmer aujourd'hui - que la politique américaine vis-à-vis du Liban restera la même », a conclu M. Murr.
Sur un autre plan, il convient de signaler hier que M. Jeffrey Feltman est devenu hier secrétaire d'État adjoint pour le Proche-Orient au département d'État, sur décision du président des États-Unis, Barack Obama. M. Feltman était précédemment secrétaire d'État adjoint pour le Proche-Orient.

