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Liban - Législatives : Le Point Du Jour

Les contours des différentes batailles électorales se précisent

Avec le dépôt de candidature de Fouad Siniora hier à l'un des deux sièges sunnites de Saïda, les contours de la bataille électorale se précisent un peu plus et la bataille prend par ailleurs une nouvelle tournure.
Ses contours se précisent, dans la mesure où le Premier ministre va croiser directement le fer avec l'un des piliers électoraux de Saïda, Oussama Saad, troisième descendant d'une dynastie politique nassérienne qui comprenait avant lui Maarouf Saad, puis son fils Moustapha Saad.
En filigrane, les observateurs pensent que ce qui transparaît dans cette candidature, c'est le désir d'obtenir une légitimité populaire indépendante de la part d'un homme qui a vécu à l'ombre de Rafic Hariri, avant que l'assassinat de ce dernier ne le propulse au poste de Premier ministre qu'il a rempli de son mieux, à des moments dangereux, avec une ténacité digne d'admiration et des nerfs d'acier.
Selon certains observateurs, cette légitimité, Fouad Siniora la souhaite pour parler d'égal à égal avec ses pairs, les Premiers ministres potentiels, qu'ils s'appellent Nagib Mikati, Omar Karamé, Mohammad Safadi ou même... Saad Hariri. On voit donc que cette candidature est polyvalente, qu'elle répond à des jeux de pouvoir à plus d'une échelle, qui ont pour théâtre les trois grandes villes sunnites du Liban : Saïda, Beyrouth et Tripoli.
D'autres étoiles connues de notre firmament politique ont par ailleurs fait acte de candidature : Omar Karamé (Tripoli), Carlos Eddé (Kesrouan), Hussein Husseini (Baalbeck-Hermel) et Ghattas Khoury (Chouf), avec d'aléatoires chances de succès. Ce sont toutes des candidatures jusqu'au-boutistes de la part de vétérans de la Chambre qui refusent de s'avouer forfaits, mais qui feront face dans la plupart des cas à des listes fermées qu'ils auront peu de chances de percer.
Cela dit, les dés ne sont pas vraiment jetés partout et dans les circonscriptions de Koura, Zghorta, Beyrouth I, Zahlé, Batroun, Jbeil, Kesrouan, Metn, Baabda et Bécharré, les tendances pourront encore s'inverser - ou les cartes se brouiller - en fonction des stratégies et des ententes qui s'y noueront.
Ainsi, à Tripoli, l'alliance entre Saad Hariri et Nagib Mikati continue de baigner dans un certain flou et, faute de place pour plus de cinq candidats sunnites, Misbah Ahdab pourrait avoir à en payer le prix, sous forme d'un retrait de candidature. Par ailleurs, l'obstination de M. Jean Obeid à briguer le siège maronite de la ville pourrait bouleverser la donne et disperser les voix.

Une bataille symbolique
L'une des batailles les plus symboliques se déroulera à Jbeil, où le conseiller du président Michel Sleiman, l'ancien député Nazem Khoury, a fait acte de candidature.
Face à la liste du Courant patriotique libre formée de Simon Abiramia (maronite), Walid Khoury (maronite) et Abbas Hachem (chiite), il y a plus d'une stratégie possible. Une esquisse de rapprochement, voire d'entente sur les listes, entre le président Sleiman et le général Aoun ayant échoué, M. Nazem Khoury fait face à deux possibilités d'alliance : avec Farès Souhaid (14 Mars) ou Émile Naufal (indépendant). Il est toutefois conscient que la victoire ne sera à portée de main que si les voix ne s'éparpillent pas sur plusieurs listes, ce qui sera très difficile à obtenir. Faute de garantir son élection, Nazem el-Khoury retirera sa candidature, laissant la voie ouverte à d'autres candidats pour suppléer à son rôle, en particulier à François Bassil.
D'autres complications sont apparues à Beyrouth I, où la majorité hésite entre... deux candidats aux siège arménien orthodoxe et deux autres au siège arménien catholique. Jean Oghassabian (arménien orthodoxe) serait là en compétition avec Sebouh Mekhjian, et Serge Tersarkissian (appuyé par Saad Hariri) en compétition avec Richard Kouyoumdjian (soutenu par les FL). Selon M. Oghassabian, toutefois, les choix finaux se feront sur lui-même et Tersarkissian.
Signalons qu'entre Michel Aoun et Nabih Berry, un équilibre a enfin été trouvé : Samir Azar sera le candidat maronite du mouvement Amal à Jezzine, tandis que Ramzi Kanj sera le candidat chiite du CPL à Baabda. Mais ce serait le Hezbollah qui ferait les frais de cette entente, le candidat de cette formation à Beyrouth II cédant son siège à un candidat chiite d'Amal.

 

Bassem Sabeh : « Ma députation est entre les mains des fils de Baabda »
Le député Bassem Sabeh a annoncé hier sa candidature à l'un des deux sièges chiites de Baabda, tout en s'excusant auprès de ses électeurs de ne pouvoir entrer en contact avec eux individuellement. Dans un communiqué d'une virulence inouïe, M. Sabeh s'en prend à ceux qui ont fait de son dernier mandat parlementaire « une députation sans pouvoir d'exécution ». « C'était une députation menacée quasiment d'assassinat, de harcèlement et de revanchisme », écrit-il, avant d'ajouter : « Les responsables de cette situation ont hélas réussi à couper les liens entre moi et le public qui m'avait accordé sa confiance durant quinze ans dans la circonscription de Baabda. « Ma députation est entre les mains des fils du caza de Baabda. Ils ont la liberté de décider », conclut-il.

Nehmat Frem ne sera pas candidat
L'industriel Nehmat Frem, dont la candidature avait été sollicitée au Kesrouan, a annoncé hier dans un communiqué qu'il ne se présenterait pas aux élections, n'ayant pu obtenir un consensus électoral dans cette circonscription. M. Frem affirme qu'il poursuivra ses efforts en vue de réduire les crispations interchrétiennes et proclame son soutien à « ceux qui adopteront le projet de revitalisation du Liban prévu par la Charte de l'action politique à la lumière des enseignements de l'Église et de la spécificité du Liban ». Ce texte avait été adopté par Bkerké il y a un mois.

Tournée de Massoud Achkar à Karm el-Zeitoun
Massoud Achkar, candidat sur la liste CPL-Tachnag à Beyrouth I, a effectué hier une tournée dans le quartier de Karm el-Zeitoun, à Achrafieh. S'adressant à des habitants de la région, M. Achkar leur a dit : « Je suis conscient de la négligence dont souffre cette région depuis les années 90, car je suis l'un de vous, je suis resté à vos côtés et je ne vous ai jamais abandonnés .» « Nous n'accepterons plus que Karm el-Zeitoun soit marginalisé et noyé dans l'oubli. Nous refusons de permettre aux députés d'échapper à la responsabilisation. Je vous invite à me réclamer des comptes dès aujourd'hui, et non pas dans quatre ans », a-t-il lancé.

Quatre candidats maronites du CPL à Jbeil
Deux responsables au sein du CPL, Simon Abiramia et Bassam Hachem, ont présenté hier officiellement leur candidature dans la circonscription de Jbeil, portant le nombre de candidats maronites de cette formation à quatre. Sachant que la circonscription ne compte que deux sièges maronites, le général Michel Aoun devra prochainement trancher et décider quels seront les deux candidats du CPL qui resteront dans la course.

Avec le dépôt de candidature de Fouad Siniora hier à l'un des deux sièges sunnites de Saïda, les contours de la bataille électorale se précisent un peu plus et la bataille prend par ailleurs une nouvelle tournure.Ses contours se précisent, dans la mesure où le Premier ministre va croiser directement le fer avec l'un des piliers électoraux de Saïda, Oussama Saad, troisième descendant d'une dynastie politique nassérienne qui comprenait avant lui Maarouf Saad, puis son fils Moustapha Saad.En filigrane, les observateurs pensent que ce qui transparaît dans cette candidature, c'est le désir d'obtenir une légitimité populaire indépendante de la part d'un homme qui a vécu à l'ombre de Rafic Hariri, avant que...
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