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Diaspora - Interview

L’Église grecque-catholique du Liban à la rencontre de ses émigrés

Médecin de profession exerçant à Beyrouth, Georges Kallas est le président du comité de l'émigration au sein du Conseil supérieur des grecs-melkites catholiques. Il nous donne de plus amples détails sur l'action de ce comité dans les pays d'émigration.

Q- Quelles sont les objectifs de ce comité ?
R- Ce comité a été créé il y a deux ans à l'initiative du ministre Michel Pharaon, qui dirigeait le Conseil supérieur de la communauté. Le premier comité était présidé par l'ambassadeur Robert Arab, et c'est aujourd'hui à moi qu'incombe cette tâche. Notre but est d'engager des actions concrètes en direction des émigrés de notre communauté, et nous avons décidé, avec notre patriarche Grégoire III Lahham qui préside le Conseil supérieur, ainsi que le ministre Nicolas Khoury, qui le dirige actuellement, d'en faire une priorité.
Q- Nous sommes en pleine période électorale au Liban. Les législatives du mois de juin ont-elles des répercussions sur vos projets ?
R- Nous nous sommes rendu compte que, parmi les membres de la communauté grecque-catholique inscrits sur les listes électorales des diverses localités libanaises, à Beyrouth, Zahlé, Saïda, Tyr, Baalbeck et d'autres régions, nombreux sont ceux qui ne seront pas au rendez-vous. En cette période de calme, nous avons ainsi décidé de soutenir la campagne actuelle appuyée par le président de la République, le général Michel Sleiman, pour l'octroi de la nationalité et pour que le droit de vote soit assuré aux émigrés qui sont sur le point de rompre avec leur mère patrie, en raison des tristes événements secouant le Proche-Orient depuis plus d'un demi-siècle. Il s'agit de les sensibiliser en les incitant à s'enregistrer avec leurs familles auprès des ambassades libanaises, ou à se faire connaître dans nos paroisses. En parallèle, un travail de fond sera effectué au Liban dans les villes et villages, où nous demanderons aux habitants de nous communiquer les adresses de leurs parents dans les pays de l'émigration.
Q- Parlez-nous un peu plus de la communauté grecque-catholique à l'étranger. Quels sont les principaux pays de l'émigration ?
R- Il est difficile de connaître le nombre exact de nos émigrés et de leurs descendants, comme c'est le cas pour tous les Libanais de l'étranger. Mais il s'agit d'une communauté fortement implantée en Amérique latine, au Brésil notamment, depuis le début de la grande émigration libanaise à la fin du XIXe siècle, avec plus d'un million de membres, alors qu'au Liban, nous ne comptons pas plus de 350 000 personnes. Quant à nos diocèses à l'étranger, ils sont au nombre de six, établis dans les pays suivants : Brésil, Argentine, Venezuela, États-Unis, Canada, Australie-Nouvelle-Zélande. Il faut savoir qu'en Europe, il n'est pas coutume d'avoir des diocèses, mais des paroisses, comme c'est le cas pour l'église Saint-Julien-le-Pauvre à Paris.

Q- Votre première grande action consiste en une journée de prières à l'intention des émigrés grecs-catholiques. Cet événement sera-t-il organisé régulièrement ?   
R- En effet, nous avons l'intention d'instaurer une journée annuelle au cours de laquelle nous prierons pour les personnes dont nous sommes physiquement séparés, aussi bien au Liban que dans les pays étrangers. Cette journée tomberait le premier dimanche suivant le dimanche de Pâques, et exceptionnellement, comme c'est le cas cette année, le second dimanche, si le premier correspondait avec les Pâques orthodoxes. Nous lançons notre initiative cette année, avec la première messe officielle à l'intention des grecs-melkites catholiques dans le monde, qui sera célébrée le dimanche 26 avril à 11h par Mgr Youssef Kallas, archevêque de Beyrouth et de Jbeil, en l'église Saint-Jean-Chrysostome, au siège de l'archevêché, rue de Damas, à Beyrouth, et à laquelle nous convions les ambassades des pays de l'émigration grecque-catholique. Une circulaire a été envoyée à tous nos évêques et prêtres afin qu'ils s'associent, par leurs prières et leurs sermons, à cet événement, en faisant participer leurs paroissiens.

Q- Qu'en est-il du synode qui se déroule tous les ans au Liban ?  
R- Tous les évêques grecs-catholiques participent à ce synode qui se tient généralement au mois de juin au siège patriarcal de Raboué, dans la banlieue nord de Beyrouth, ou à celui de Aïn-Trez, dans la montagne de Aley. Nous avons demandé à tous les diocèses précités de proposer à leurs paroissiens d'origine libanaise de les accompagner pour une semaine, durant laquelle nous organisons tout un programme de visites  culturelles et touristiques. Ce voyage, prévu cette année pour la première semaine du mois de juin, aura une connotation particulière, car il coïncidera avec les élections législatives du 7 juin. Ce qui permettra un véritable retour aux sources.

Q- Vous détenez la nationalité canadienne et présidez l'association socioculturelle libano-canadienne au Liban. Votre double nationalité a-t-elle exercé une influence sur vous ?
R- J'entretiens des relations continues entre le Liban et le Canada. Avec Internet et les moyens de transport actuels, il est devenu beaucoup plus facile de collaborer avec les pays d'outre-mer. Des actions de sensibilisation ont déjà été engagées par la communauté maronite, dans laquelle le ministre Michel Eddé s'est beaucoup investi. Nous faisons appel à toutes les autres communautés, chrétiennes et musulmanes, pour œuvrer au renforcement du mouvement de retour au pays, afin que notre cher Liban prospère.

Propos recueillis par
Naji FARAH
Q- Quelles sont les objectifs de ce comité ? R- Ce comité a été créé il y a deux ans à l'initiative du ministre Michel Pharaon, qui dirigeait le Conseil supérieur de la communauté. Le premier comité était présidé par l'ambassadeur Robert Arab, et c'est aujourd'hui à moi qu'incombe cette tâche. Notre but est d'engager des actions concrètes en direction des émigrés de notre communauté, et nous avons décidé, avec notre patriarche Grégoire III Lahham qui préside le Conseil supérieur, ainsi que le ministre Nicolas Khoury, qui le dirige actuellement, d'en faire une priorité. Q- Nous sommes en pleine période électorale au Liban. Les législatives du mois...