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Liban - Le Commentaire

L’isoloir, antre du devenir national

Qu'adviendrait-il du Liban politique, sécuritaire, économique, financier, touristique, social et culturel en cas de victoire du 8 Mars ? Quel sort attend le Liban tout court ? La vraie réponse ne sortira que des urnes. Car les promesses fleuries n'en sont pas vraiment une, rien ne garantissant qu'elles seraient tenues.
Hassan Nasrallah a brossé récemment les lignes directrices du programme électoral de son parti, que le député Mohammad Raad est chargé de détailler sous peu. Le secrétaire général du Hezbollah souligne de prime abord que le plan vise essentiellement à permettre à l'opposition de décrocher la majorité parlementaire. Il affirme que c'est là « un objectif national et non partisan ou confessionnel pour protéger des options politiques, économiques et sociales majeures ». À son avis, « l'intérêt même du système communautaire et sa stabilité résident dans l'entente entre les Libanais en vue d'une gestion des affaires publiques en parfait partenariat. Quand l'opposition aura obtenu la majorité, la porte restera grande ouverte sur un cabinet de participation. Alors que ce serait le contraire en cas de victoire des loyalistes ». Il promet, enfin de fournir au public des indications hebdomadaires sur le projet du Hezb, « qui n'engage pas nos alliés », précise-t-il.
Pour sa part, le 14 Mars ne délivre pas son message aux Libanais en tranches, mais en bloc. Il publie en effet un programme électoral doté de 14 têtes de chapitres bien définies, dont la récupération de Chebaa par l'application des résolutions de l'ONU ; le désarmement des milices ; l'édification d'un État démocratique laïc fort, sur base de la coexistence ; le tracé et le verrouillage des frontières ; le règlement du problème des détenus libanais en Syrie, etc.
On voit la différence : le 8 Mars ne livre ses vues qu'au compte-gouttes, tandis que le 14 Mars met toutes cartes sur table pour que chacun sache à quoi s'en tenir et ne se sente ni pris de court ni dupé. De plus, comme le reconnaît Nasrallah, le programme du Hezbollah n'est pas celui de tout le front opposant.
Cependant, il subsiste une réalité qui minimise l'importance de l'opacité ou de la clarté des programmes : en définitive, l'électeur vote essentiellement en fonction d'une empathie, d'une confiance déjà solidement ancrées en son for intérieur. C'est ce que traduit Hassan Nasrallah lui-même quand il observe que « la plupart des élections se déroulent bien plus en fonction du regard individuel porté sur le dirigeant ou le leader que sous l'effet des programmes politiques, dont se détournent d'ailleurs bien souvent les candidats qui les exposent, pour faire le contraire, une fois élus ».
Certains milieux politiques notent que sur bien des points du vécu quotidien, après tout essentiel lui aussi, les programmes du 14 Mars et du 8 Mars se rejoignent. Ils proposent dès lors que les deux camps s'accordent pour favoriser la composition de listes de coalition, dans les régions où c'est possible. Ce qui détendrait l'atmosphère et donnerait à la compétition un caractère sportif, dans le sens british du terme.
Cependant, la formation d'un cabinet d'union bis, que propose Hassan Nasrallah, induit que les deux camps se retrouvent préalablement autour de dénominateurs communs pour jeter les bases d'un programme gouvernemental cohérent. Les loyalistes en font une condition sine qua non, du moment que de la sorte le tiers de blocage, qu'ils récusent absolument, n'aurait plus lieu d'être.
Qu'adviendrait-il du Liban politique, sécuritaire, économique, financier, touristique, social et culturel en cas de victoire du 8 Mars ? Quel sort attend le Liban tout court ? La vraie réponse ne sortira que des urnes. Car les promesses fleuries n'en sont pas vraiment une, rien ne garantissant qu'elles seraient tenues.Hassan Nasrallah a brossé récemment les lignes directrices du programme électoral de son parti, que le député Mohammad Raad est chargé de détailler sous peu. Le secrétaire général du Hezbollah souligne de prime abord que le plan vise essentiellement à permettre à l'opposition de décrocher la majorité parlementaire. Il affirme que c'est là « un objectif national et non partisan ou...
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