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Les Arabes unis autour de Béchir, mais toujours en quête de réconciliation

Le sommet arabe de Doha s'est, comme prévu, achevé lundi soir par une manifestation de soutien au président soudanais Omar el-Béchir face à la Cour pénale internationale (CPI), mais l'objectif proclamé d'une "réconciliation interarabe" semblait plus éloigné que jamais.

Revigoré par un net soutien des autres dirigeants arabes, qui ont "rejeté" le mandat d'arrêt lancé à son encontre par la CPI, M. Béchir, qui se trouvait encore mardi à Doha, a également obtenu du président vénézuélien Hugo Chavez une condamnation sans appel de ce mandat, qu'il a décrit comme "une horreur judiciaire".

"Le sommet arabe a apporté un fort soutien au président. C'est plus que ce que nous espérions", a déclaré mardi à l'AFP un diplomate soudanais pour résumer le sentiment des responsables soudanais présents à Doha, où devait avoir lieu mardi un sommet entre les 22 pays arabes et 12 pays sud-américains, dont le Vénézuela.

La CPI a délivré le 4 mars un mandat d'arrêt à l'encontre de M. Béchir pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour, une région du Soudan en proie à la guerre civile depuis 2003.

Placé officiellement sous le signe de la réconciliation, le sommet arabe n'est, en revanche, pas parvenu à surmonter les dissensions profondes qui minent la Ligue arabe, à l'exception d'une rencontre, tenue lundi dans des circonstances troublantes, entre les chefs d'Etat saoudien et libyen, en brouille depuis six ans.

En outre, le président égyptien Hosni Moubarak, en froid avec le Qatar, hôte du sommet, a boudé ce rendez-vous annuel, dont les travaux ont été, par ailleurs, écourtés d'un jour sans aucune explication.

Pour sa part, le président yéménite Ali Abdallah Saleh s'est retiré de la séance de clôture pour protester contre le fait qu'on ne l'ait pas laissé prendre la parole pour présenter un projet de réforme de la Ligue arabe, selon des participants.

"Nous devons être réalistes (...). Vu la conjoncture actuelle, nous avons fait ce qui nous a été possible de faire", a déclaré mardi à la presse le ministre irakien des Affaires étrangères, Hoshyar Zebari.

Son homologue yéménite, Abou Bakr Abdallah al-Kourbi, a été plus explicite.

"Les divisions interpalestiniennes influencent les positions arabes", a-t-il dit dans un entretien publié mardi par le quotidien qatari el-Charq.

"Les dossiers palestinien et iranien sont (...) toujours sources divergences entre les pays arabes", a-t-il ajouté.

Il se reférait aux mouvements palestiniens rivaux, le Fateh du président Mahmoud Abbas et les islamistes du Hamas, en conflit ouvert malgré l'amorce d'un dialogue entre eux qui doit reprendre mercredi au Caire, ainsi qu'aux craintes ressenties dans les pays arabes, à majorité sunnite, face à l'influence régionale croissante de l'Iran, un pays chiite.

Par ailleurs, le sommet arabe a rejeté le nouveau statut de département français de Mayotte après le référendum de dimanche dans cette île de l'océan indien, répondant à un appel lancé lundi par le président des Comores, Ahmed Abdallah Sambi.

Les dirigeants arabes expriment leur "rejet de l'occupation française", selon le document final du sommet rendu public mardi.

En outre, l'islamiste Sharif Cheikh Ahmed, élu récemment président de la Somalie, pays de la Corne de l'Afrique en guerre civile depuis 1991, a obtenu une légitimité arabe grâce à sa participation au sommet de Doha.

Enfin, la Ligue arabe a décidé d'apporter une aide humanitaire mensuelle de huit millions de dollars sur un an au Soudan pour faire face à la pénurie alimentaire au Darfour.

Pour leur part, les Comores recevront deux millions de dollars par mois pendant un an et la Somalie trois millions par mois pendant six mois.

Le sommet arabe de Doha s'est, comme prévu, achevé lundi soir par une manifestation de soutien au président soudanais Omar el-Béchir face à la Cour pénale internationale (CPI), mais l'objectif proclamé d'une "réconciliation interarabe" semblait plus éloigné que jamais.
Revigoré par un net soutien des autres dirigeants arabes, qui ont "rejeté" le mandat d'arrêt lancé à son encontre par la CPI, M. Béchir, qui se trouvait encore mardi à Doha, a également obtenu du président vénézuélien Hugo Chavez une condamnation sans appel de ce mandat, qu'il a décrit comme "une horreur judiciaire".
"Le sommet arabe a apporté un fort soutien au président. C'est plus que ce que nous...