La scène s'est passée mercredi dernier. Un homme d'affaires libanais établi à l'étranger arrive tout juste du Caire avec une petite valise. À sa sortie de l'aéroport, il est aussitôt cueilli par un homme qui lui propose un taxi. Notre voyageur, confiant, se laisse guider vers la tête de station. « Combien veux-tu pour m'emmener à Achrafieh ? » demande-t-il au chauffeur. « Le prix est fixe, répond le chauffeur, 45. » « 45 quoi ? Livres libanaises ou dollars ? » demande encore l'arrivant. « Ici on ne traite qu'en dollars », répond avec arrogance le chauffeur de taxi. Interloqué, autant par le tarif élevé de la course que par la réponse du chauffeur, notre voyageur accepte à contrecœur, sans pour autant discuter le prix. N'étant pas attendu, ce taxi constitue pour lui l'unique moyen d'arriver à bon port.
Mais sa mésaventure ne s'arrête pas là. Alors qu'il s'installe en voiture, l'homme qui l'a conduit au taxi lui demande. « Et moi ? Qu'est-ce que vous me donnez ? » Carrément abasourdi cette fois, refusant de se faire encore plus marcher sur les pieds, notre voyageur lui lance : « Les 45 dollars ne vous suffisent pas ? » sans plus.
Joli exemple d'arnaque qui a certainement touché plus d'un Libanais de l'étranger et de nombreux touristes étrangers. Le comble est que les taxis de l'aéroport dépendent de l'Aviation civile qui a elle-même fixé à 30 dollars le tarif de la course dans le Grand-Beyrouth. Tarif qui reste excessivement élevé, vu que les devis des taxis privés oscillent, eux, entre 12 000 et 25 000 LL au maximum, pour un trajet entre l'aéroport et Achrafieh.
« Il y a près de 200 voitures à l'aéroport et les chauffeurs doivent attendre leur tour. C'est la raison pour laquelle le tarif est élevé », précise à ce propos l'un des employés de la société de taxis de l'aéroport, contactée par L'Orient-Le Jour, alors que ce jour-là l'Aviation civile était aux abonnés absents.
« Votre voyageur aurait dû marchander », souligne encore l'employé, ajoutant que le voyageur carotté aurait également dû relever le nom du chauffeur et le numéro de sa plaque d'immatriculation puis rapporter l'arnaque à l'Aviation civile.
Certes, mais notre voyageur, habitué à davantage d'honnêteté dans son pays d'accueil, n'a pas pensé à mal en arrivant au Liban. Dorénavant, il prendra ses dispositions à l'avance et jure surtout qu'on ne l'y reprendra plus.


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